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Ils piratent des ebooks, les vendent, Google Play laisse faire !

6 mai 2015 ·

Google Play ebook IDBOOXAvec le développement du livre numérique, contrôler le piratage est extrêmement difficile. Certains éditeurs dépensent des sommes importantes et chargent des sociétés spécialisées pour traquer leurs ebooks piratés. 

La Grande Bretagne, la France via les syndicats d’éditeurs souscrivent à des abonnements pour faire des recherches constantes sur les sites pirates. 

Quand le piratage devient payant

Bien souvent quand un contenu numérique est piraté il est proposé « gratuitement » à ceux qui acceptent de le télécharger illégalement.

Des auteurs de renom ont d’ailleurs dernièrement mis en ligne une pétition contre le piratage. Fleur Pellerin, Ministre de la Culture a déployé un plan sans précédent pour limiter le pillage des contenus culturels.

Mais voilà, il est une catégorie de livres qui montent dans les Charts, les livres publiés directement par les auteurs, sans passer par un éditeur.  Une nouvelle forme de piratage voit le jour, le piratage ouvert, non dissimulé et commercial s’attaquant à des auteurs sans arme véritable pour le combattre.

L’autoédition est un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur, certains auteurs indépendants vendent parfois plus que des écrivains publiés par un éditeur qui a pignon sur rue. Comme les autres, ils sont repérés et inévitablement piratés.

Google Play pourvoyeur de livres numériques piratés

Le blog Ink Bits And Pixels  a pointé le problème du doigt, auteurs et éditeurs anglo-saxons sont piratés sur Google Play Books. Les ebooks sont disponibles non par sur des Torrent mais sur Google Play Livres, la librairie numérique de Google.

A notre tour, nous avons fait notre enquête. Nous avons identifié plusieurs victimes dont deux auteurs indépendants qui ont accepté en exclusivité de nous donner leur témoignage.

Ces auteurs sont à la fois partagés entre dénoncer publiquement cette violation manifeste du droit d’auteur et ne rien déclarer pour ne pas inciter des lecteurs à aller pirater, ou pire, à se faire de nouveau duper par un mystérieux inconnu sans aucun scrupule qui profiterait de l’aubaine.

Le phénomène est d’autant plus grave que les livres sont proposés moyennant un prix.

Autrement dit, quelqu’un a téléchargé le livre de l’un de ces auteurs, il s’est approprié le contenu, son nom, l’a déposé sur le store de Google et récolte le fruit des ventes !!!

Pire encore, à chaque vente Google touche un pourcentage sur l’ebook téléchargé. Autrement dit Google, complice, empoche comme le pirate une partie du revenu de l’auteur spolié ! De plus, le lecteur qui télécharge sans savoir devient aussi complice de la malversation !

projet anastasis J. Vandroux
Ils se sont faits piratés !

Jacques Vandroux a été victime de ce piratage sur Google Play. Cet auteur fait partie des plumes montantes du numérique. Ses livres se vendent très bien et récemment Amazon a publié les versions traduites de l’un de ses livres (lire notre interview).

Voici le témoignage très éloquent de J. Vandroux  : « L’un de mes livres a effectivement été piraté et mis en vente sur Google Play pour la modique somme de 0.99 cts. Ceci était doublement embêtant puisqu’il est censé être en exclusivité sur KDP [Ndlr : la plateforme d’autoédition d’Amazon].

Nous avons donc renseigné un formulaire de plainte, et prévenu Amazon que nous étions victimes de piratage.

Trois ou quatre jours plus tard, le livre a disparu de Google Play…. pour réapparaître cette fois au prix de 2.49 euros moins de deux semaines plus tard. Nouvelle plainte, nouveau retrait au bout de 2 jours.

Et le livre réapparaît encore à peine une semaine plus tard, à 2.89 euros cette fois. Une nouvelle plainte est en cours. »

Aurélie Valognes est dans le même cas. Cette auteure a vendu plusieurs milliers d’exemplaires de « Mémé dans les orties» de façon indépendante. Récemment, un grand éditeur français a publié son livre en version imprimée. Le succès est au rendez-vous.

A. Valognes a aussi été victime du même type de piratage. Elle nous a expliqué : « Concernant Mémé dans les orties, Google Play proposait effectivement une version ebook en epub à 0.99 euro.

J’ai pu parcourir un extrait du document : aucun doute, c’était bien mon roman qui était proposé et en 1 clic, je pouvais me le procurer (ce que je n’ai pas cherché à faire). Je ne saurai dire si c’était une des premières versions ou la toute dernière corrigée (et donc de qualité supérieure) disponible sur Amazon. » Aurélie Valognes a elle aussi demandé à Google de retirer son livre, ce qui a été fait.

« C’est clairement une atteinte au droit d’auteur. Tous les ebooks de mon roman sont proposés à 2.99 euros, sur toutes les plateformes, raison pour laquelle j’ai demandé à Google Play de retirer mon ebook de la vente, ce qu’ils ont fait en quelques heures, » déclare Aurélie Valognes.

Elle poursuit : « Je suis pour la démocratisation de la lecture, c’est aussi pour cette raison que je propose mon roman au format ebook au prix accessible de 2.99€ pour toucher un public différent et complémentaire par rapport au livre broché. »

En alerte, l’écrivain conclut : « Je ne sais pas s’il s’agit d’une seule personne qui a piraté mon roman et récupère les recettes via Google Play, ou plusieurs personnes. Ce qui est certain, c’est que quelqu’un se fait de l’argent de manière illégale en utilisant mon contenu et que Google n’est pas capable à date de contrôler avant les infractions, mais juste de faire enlever les contenus illégaux, si et seulement si, moi, l’auteur, en ai fait la demande. Bien évidemment, je ne cautionne pas cette pratique qui exclut totalement l’auteur et les éditeurs de leurs droits. »

Aurelie valognes ebook meme dans les orties

Google la procédure à postériori, DMCA, le mot magique

Nous avons contacté Google afin d’avoir quelques explications, malheureusement, au moment où nous publions cet article, nous n’avons pas obtenu de réponse sur ce sujet délicat.

Alors certes Google fait son travail, si un contenu est signalé, les équipes réagissent plus ou moins rapidement. Mais Google comme d’autres (Scribd, Apple…) agissent à posteriori et non à priori et là est le problème.

La procédure en cas de piratage avéré est assez simple, il faut remplir un document et justifier la demande de retrait du livre en donnant des informations précises (c’est un DMCA, procédure standard proposée par tous les sites).

Le formulaire quoi qu’assez facile à remplir et assez difficile à trouver dans les méandres des pages de Google. Il est ici cela pourrait être utile à d’autres auteurs, qui, alertés par ce sujet vont commencer une traque féroce !

Le problème reste entier tant qu’il n’y aura pas d’identification à priori des œuvres déposées sur les stores illégalement, chaque auteur, chaque éditeur devra scruter l’immensité du web pour voir si quelqu’un a décidé de se faire de l’argent de façon malhonnête sur son dos !

Combien de livres, combien d’auteurs, combien d’éditeurs sont dans ce cas en France et dans le monde, suspendus à un fil de la toile?

 

MAJ : 24h après la publication de cet article, Google nous a répondu lire la réaction en cliquant ici 

Livres du mois

  • Laurent Bettoni - Les remords de l’assassin, un thriller captivant
  • Les histoires de Martine réunies dans une appli
  • La cuvée 2018 du Petit Larousse Illustré
  • Trois saisons d’orage de Cécile Coulon
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