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Pas d’Hadopi pour le livre, « une sage décision »

21 novembre 2011 ·

HADOPI RAPPORT 2010 IDBOOXEn Janvier dernier nous apprenions que le Syndicat National de l’Edition (SNE) envisageait de rejoindre Hadopi. Quelques audits de prestataires plus tard, on apprend par la lettre d’information Edition Multimedia que le syndicat professionnel abandonne l’idée, la lutte contre le piratage des livres numériques n’est pas le sujet du moment.

Au début de l’année, Christine de Mazières, déléguée générale du SNE déclarait « Le SNE envisage de rejoindre l’Hadopi, mais n’a pas encore fait de demande d’autorisation auprès de la Cnil. Nous allons d’abord auditionner les prestataires techniques possibles à partir de la mi-janvier. Ensuite seulement, cette demande d’autorisation pourra le cas échéant être déposée ». 10 mois plus tard, il semble que cela ne soit plus le cas. C de Mazières a déclaré à nos confrères : « « Nous avons mis le dossier “Hadopi” de côté, car la question du piratage de livres numériques en France ne se pose pas vraiment encore. Le marché du livre numérique online, c’est- à-dire hors ouvrages sur CD-Rom, ne représente encore pas grand-chose – environ 1 % – sur le marché français.[…] « Pour les éditeurs, ce n’est pas la priorité du moment. Développer leur présence sur les liseuses et tablettes qui arrivent sur le marché français les occupent plus actuellement. »
La déléguée propose donc aux éditeurs de faire leur police eux-mêmes et les invite à constituer une liste de sites illégaux  celle-ci « permettra par recoupement d’identifier les sites et réseaux les plus actifs dans le domaine du piratage de livres ».

Qu’en pensent les éditeurs ?
Nous avons interrogé Stéphane Leduc dirigeant des Editions Leduc S. pour avoir son point de vue sur la décision du SNE :  «Je ne suis pas certain qu’Hadopi soit la bonne réponse à un vrai problème. On a d’un côté le besoin d’accès aux oeuvres et de l’autre la nécessité pour les auteurs et ceux qui sont à leur service (les éditeurs), de se rémunérer.
La majorité des pirates sont d’abord des consommateurs qui le font pour accéder à ces contenus, ce sont donc des clients. Je le sais, j’ai déjà moi-même piraté des musiques, des films et des livres pour l’expérience mais surtout pour trouver des documents auxquels je n’aurais jamais pu avoir accès autrement. Je précise qu’il y a là dedans des documents que j’avais déjà acheté plusieurs fois et que j’ai racheté par la suite. Comme la majorité des « pirates », je suis consommateur (et un gros) avant d’être un délinquant. La majorité des gens connectés sont comme moi, si on leur bloque l’accès à une oeuvre, si on leur met des DRM, ils les font sauter tout simplement. Pour moi c’est une erreur de vouloir « criminaliser » ses clients et le SNE a été sage de renoncer.
J’ajouterais que le piratage a au moins le mérite de pousser certains de mes confères à développer leur offre numérique…  »
 
Confronté au piratage pour certains des ebooks publiés par sa maison d’édition, S. Leduc reste pragmatique : « Ce qu’il nous faut, c’est un moyen simple de poursuivre ceux qui mettent des catalogues entiers en ligne et qui se trouvent parfois loin. Aujourd’hui, nous avons affaire a quelques cas de mise à disposition de livres sur des sites mais en général, les sites retirent les fichiers sans faire d’histoire. Le problème, c’est que cela nous prend du temps. »

Catégories : Economie du livre
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