Avec “Je voulais vivre”, Adélaïde de Clermont-Tonnerre signe une relecture audacieuse d’une figure mythique de la littérature française.
Récompensé par le Prix Renaudot 2025 et le Prix du Roman Historique, le roman paraît chez Grasset et se décline en version audio chez Audiolib.

Une surprise inattendue
Écouté dans le cadre de la sélection du Prix Audiolib, ce titre n’était pas, de prime abord, celui vers lequel je me serais spontanément tournée. Une couverture d’une austérité neutre, un titre ouvert à mille interprétations… Rien de particulièrement séduisant à première vue. Heureusement, le quatrième de couverture intrigue davantage — et l’écoute dissipe très vite les hésitations.
Ayant vu quelques semaines plus tôt, le film Les Trois Mousquetaires : Milady, j’étais ravie de retrouver la célèbre espionne. Mais qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas de recycler la légende, mais de la dépoussiérer pour rencontrer la femme derrière le mythe.
Anne avant Milady
On quitte la caricature de la méchante pour découvrir Anne, celle qui deviendra Milady. Non pour l’excuser, mais pour la comprendre.
La romancière imagine une sorte de “fan art” littéraire de “Les Trois Mousquetaires”, en hommage assumé à Alexandre Dumas. La plume est élégante, documentée, rythmée par des flash-back maîtrisés. Le souffle est classique, tout en portant une voix résolument contemporaine.
On croise les Mousquetaires, le Cardinal de Richelieu, les intrigues politiques, les passions et les trahisons. Surtout, on assiste à la transformation progressive d’Anne en Milady — fascinante, implacable. Ce n’est ni une romance ni un récit de cape et d’épée.
Le texte ne cherche pas à transformer son héroïne en icône militante. Il met en lumière les inégalités entre hommes et femmes, certes, mais il ne s’agit pas du portrait d’une femme engagée pour une cause: elle se bat pour vivre. Nuance essentielle, qui change la perspective et donne toute sa force au propos.
Milady devient si incarnée que l’on en oublierait presque qu’elle est née de l’imagination de Dumas. Sa psychologie est précise, nuancée, loin de tout manichéisme.
Une interprétation habitée
Côté audio, l’interprétation de Claire Cahen impressionne par son engagement. Elle parvient à différencier les nombreux protagonistes — un défi de taille au vu de la galerie de personnages — et insuffle une véritable densité émotionnelle au texte. Les tensions affleurent, la rage se devine sous la retenue, les fragilités apparaissent sans emphase.
L’immersion est réelle, portée par une prestation vibrante qui accompagne parfaitement ce texte.
Pourquoi écouter Je voulais vivre ?
Parce qu’elle rend Milady intensément vivante.
Elle propose une vision moins tranchée, plus humaine.
Parce qu’elle conserve l’ombre du personnage tout en lui restituant une part de lumière.
Une relecture brillante et audacieuse d’un monument littéraire, qui mérite amplement l’attention des amateurs de fresques historiques comme des curieux désireux de redécouvrir un mythe sous un angle inattendu.
Pour écouter des extraits et vous faire votre propre idée, rendez-vous sur Instagram.
Alors, prêt à laisser Milady vous raconter sa version de l’histoire ?”. Pour acheter ce livre Cliquez ici ou Cliquez ici. Durée : 11 h 59.
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