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Hachette – Google : réactions des acteurs du livre

22 novembre 2010 ·

IDBOOX_Ebooks_Google_HachetteLes professionnels du livre commencent à réagir à l’annonce faite mercredi par Hachette, le premier éditeur de livres français et Google.  
Le protocole d’accord  signé entre les deux géants établit un cadre légal pour permettre la numérisation d’oeuvres épuisées ( 70% du fonds d’Hachette Livre et des maisons d’édition du groupe est concerné, soit 40.000 à 50.000 ouvrages).
Interrogé par IDBOOX, Stéphane Leduc, Directeur Général des
Editions Leduc.S a estimé : « Que le champion du livre qu’est Hachette, s’entende avec le champion du web me parait une bonne nouvelle. C’est d’abord la réaction du lecteur que je n’ai pas cessé d’être en devenant éditeur.  Je crois que le rôle de la profession est de faciliter l’accès aux livres, même si cela bouleverse notre modèle économique. » 

 

Gwendal Bihan, fondateur de Leezam, éditeur et libraire 100% numérique, espère quant à lui  » qu’Hachette encouragera l’exploitation des livres épuisés par d’autres acteurs que Google au risque de conduire a un monopole dans ce domaine ».

 

Ceux qui voudraient exister en marge des majors de l’édition et du divertissement vont devoir innover !

Lorenzo Soccavo, expert en prospective du livre juge que la donne concernant les ebooks change, il a notamment déclaré  : « Il va être de plus en plus évident que le marché de l’édition numérique ne va pas pouvoir se développer sur les modèles économiques et législatifs du livre imprimé. Et apparemment nous entrons dans la zone de turbulences ! D’abord, avec le numérique, les notions de livres indisponibles, de tirages épuisés, de ruptures de stocks, vont voler en éclats. Un livre dématérialisé ne peut pas être en rupture de stock !
Les grands groupes éditoriaux qui, notamment par le contrôle de la distribution, régulent le marché, vont pactiser ainsi par étapes avec Google, Amazon, Apple… Ceux qui font tourner les manèges aujourd’hui ont de grandes chances de les faire tourner encore demain. On voit bien, avec cet accord, et la réaction du ministère de la Culture, que les sociétés privées et internationales, poussées par leurs actionnaires, sont décidées à avancer plus vite que les acteurs institutionnels, et qu’elles voudront imposer leurs lois à l’interprofession, tant aux libraires qu’aux auteurs.
Par ailleurs, il est clair que Google manœuvre habilement pour devenir le point de passage obligé des livres numérisés.
Il va sans doute être de plus en plus difficile pour l’édition française de définir une stratégie commune et de parler d’une seule et même voix. Les enjeux deviennent trop importants. Ceux qui voudraient exister en marge des majors de l’édition et du divertissement vont devoir innover : laisser le livre numérisé aux mastodontes et inventer de nouveaux modèles éditoriaux avec de nouvelles chaines de valeur. »

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Hachette – Google conséquences à court, moyen et long terme

Xavier Cazin, directeur d’Immateriel.fr analyse ce protocole d’accord comme si c’était une fusée à 3 étages : « A court terme, l’accord semble pragmatique : Hachette remet en circulation des titres sans avoir à les numériser et Google alimente tranquillement sa longue traine. On note que le SNE approuve, ce qui montre qu’en mettant les formes, Google a des arguments pour convaincre le reste de l’édition française de travailler en partenariat.
À moyen terme, on peut donc supposer que Google pourra jouer à travers Google Editions le rôle de distributeur numérique, non seulement pour Hachette, mais aussi pour les autres éditeurs. Là aussi, tout est question de forme. Autant Apple et Amazon se revendiquent principalement comme revendeurs, autant Google sera à la fois revendeur et distributeur, ce qui permettra d’inclure les libraires dans les accords à venir.

 Pour le livre dit homothétique, ce partenariat semble positif pour l’ensemble de l’édition, puisque la principale valeur ajoutée de la numérisation consiste à rendre un titre accessible immédiatement et de n’importe où, ce que Google sait très bien faire.
Mais à plus long terme, la question est de savoir si les principaux distributeurs souhaitent laisser à Google le marché des offres multi-titres, autrement dit des bouquets composés à la demande par les clients, qu’ils soient particuliers ou collectivités. 

Une histoire de pognon !

Marc-André Fournier, auteur notamment de Léonard de Vinci, un voyage entre Romagne et Marches, n’est pas inquiet pour l’avenir du livre : « Aux pays de la libre entreprise, circulent, les marchandises, les livres et les histoires.
Connaissez-vous celle-ci ?
Pour recruter ses cadres un patron leur demande de conjuguer le verbe toucher, et tous les jeunes loups et louves d’ânonner : je touche, tu touches, il ou elle touche, nous, vous, ils et elles….
De temps en temps un malin ou une maligne fait exception et de conjuguer  le verbe de la manière suivante : Je touche, tu touches, Tu touches, je touche!
Tout est dit.
Si égalité ou équité des parts il y a, tout le monde est content. Si non l’un des deux partis se fâche et demande réparation. Une fois obtenue, ou pas, rien dans le code du commerce ne vous interdit de faire des affaires avec votre adversaire d’hier.
Google, et Hachette partagent un même objectif faire de l’argent avec les livres, ils sont parvenus à un accord : « je touche, tu touches ».
Les auteurs partagent avec d’autres mots, être lus, le même but et d’ajouter, via la SGDL : »vous touchez, si nous touchons, nous sommes contents »
Cette histoire de sous, de gros sous semblent arranger tout le monde,  pas de quoi faire un scandale, c’est juste une question d’argent non? Et dans notre société le pognon c’est sacré, non ?
Très franchement il est plus scandaleux de ne pas rééditer un ouvrage au nom de la rentabilité. Et pourtant peu de personne s’en offusque, comme peu de personne s’offusque de la désaffection des bibliothèques dans notre pays.
Je ne suis pas inquiet sur l’avenir des livres.
La vie d’un ouvrage, d’une œuvre est du ressort d’un auteur, puis de l’humanité pas d’une entreprise.
Il s’égare plus souvent qu’il ne se perd.
Et notre civilisation le tient quand même, en dernier ressort, pour sacré, prête à braver la loi du plus fort, du plus offrant pour se l’approprier. »

 

Editeurs, auteurs, libraires, lecteurs, vous aussi réagissez sur le sujet : Livres électroniques – Accord Hachette – Google en utilisant la zone commentaire en bas de page.

 

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