Cinéma – Ogre – Un conte initiatique sur fond de drame social et psychologique

ogre-cinema-arnaud-malherbeOgre est un long-métrage d’Arnaud Malherbe. Ogre c’est l’histoire de Chloé qui fuit avec Jules, son fils malentendant de 8 ans, la tyrannie d’un père et d’un mari.

Elle s’installe dans une petite commune rurale, exsangue. Grâce à elle, les enfants du village vont avoir une maîtresse.

Chloé (Ana Girardot) tombe rapidement sous le charme de Mathieu (Samuel Jouy), le médecin du bourg, un homme au charme fou faisant flotter autour de lui le mystère. Tout cela pourrait être un petit paradis, mais très vite les choses dégénèrent. Un enfant disparait, une bête mange le bétail… Il flotte aux abords de la forêt une atmosphère lourde et pesante.

Ogre qui mangera qui ?

Ogre se concentre principalement sur Jules (Giovanni Pucci). D’ailleurs, le film est principalement filmé à hauteur d’enfant. Ce petit bonhomme porte le film de façon étonnante. Jules dompte les oiseaux, aime les manga, et surtout sa maman !

Avec lui, un ascenseur émotionnel alternant angoisse, mystère et vie quotidienne « banale » nous malmène. Sommes-nous dans le conte, le cauchemar ou tout simplement dans la réalité d’un enfant qui grandit ?

Le film mène de concert la réalité d’aujourd’hui (femme battue, ruralité en détresse, handicap…) et le conte fantastique.

Le petit Jules est époustouflant et les passages dans ses mondes auditifs et fictifs sont étonnants. Arnaud Malherbe joue magnifiquement entre l’alternance du son et de la surdité et donne à son film une justesse émouvante. On passe tour à tour du conte onirique à la réalité avec un je ne sais quoi de frayeur sans qu’on tombe dans le banal film d’horreur.

Encore un peu faim quand même

On aurait préféré qu’Ogre reste dans l’ombre, bien que le personnage soit parfaitement réussi, sa représentation physique amoindrit un peu l’intensité du scénario à la fin du film.

Ogre est d’une esthétique rare, les plans, le jeu des ombres, les sons et les comédiens sont de grande qualité. Le réalisateur jongle à merveille entre les névroses de l’enfance, les traumatismes de la violence paternelle et la vie tout simplement.
Ogre est à voir, et peut-être même à revoir pour en décoder tout le sens, même si sur la fin on reste sur sa faim… d’Ogre bien sûr !
Le 20 avril au cinéma (The Jokers) !
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