Episode 7 – Et si on apprenait à comprendre la gestuelle et les insultes dans le Manga - IDBOOX

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Episode 7 – Et si on apprenait à comprendre la gestuelle et les insultes dans le Manga

manga comprendre les mangas insultes gestuelleNous utilisons tous nos doigts pour nous faire comprendre, surtout lorsque nous ne connaissons pas la langue.

Et pourtant, cela peut donner lieu à quelques confusions. Saviez-vous que notre manière de compter est différente de celle des japonais, et pourtant nous avons bien tous dix doigts.

Lorsque nous voulons désigner le nombre sept, nous levons la main et rajoutons deux doigts, les mains étant côte à côte. Du chinois pour un japonais !

 En effet, eux lèvent une main et viennent apposer les deux doigts de l’autre main contre la paume. Voyons comment cela se traduit dans les mangas.

La gestuelle dans les mangas 

C’est fou ce qu’un dessin peut contenir comme information. Après avoir fait parler les hommes, les animaux et même les légumes, voici qu’ils font des gestes.

Si si, même les aubergines ont un petit fond rital ou peuvent lever les yeux au ciel. Les gestes sont très souvent exacerbés afin de faciliter la compréhension de l’état d’esprit du personnage. Cela se marquera encore plus dans les animés, le mouvement permettant de jouer avec un effet visuel de vitesse ou de lenteur bien que le dessin seul soit déjà de nature à exprimer pas mal de choses.

Opération décodage

Des paupières fermées ou l’absence d’yeux, accompagnés d’un éclair qui balaye l’arrière d’un personnage signifie que ce dernier a été choqué par un mot ou par une action. C’est à peu près la tête que je fais depuis la lecture d’un été Andalou et autres aubergines qui appartient au genre tranche de vie. Avouez que c’est un très mauvais jeu de mot pour un légume.

-Donc, c’est l’expression de la surprise, mais pas celle qui provoque du plaisir comme lorsqu’on reçoit un cadeau. Etonnant ?

Pas tant que cela, faisons un parallélisme avec nos expressions. Lorsque nous sommes choqués, ne fermons-nous pas les yeux un court instant ? Sans nous en rendre compte, nous inspirons profondément et lentement comme pour nous calmer et parfois nous portons la main au front. Des gestes qui servent à rétablir un certain calme.

-L’akanbe est l’équivalent de notre expression francophone « mon œil », qui ne l’oublions pas devient « my foot » en anglais. Avec une petite nuance, nous ne tirons pas systématiquement la langue contrairement aux japonais.

Si nous l’utilisons couramment, il faut savoir qu’au Japon, il s’agit d’une insulte. Elle est tolérée chez les jeunes enfants et à condition que ce geste ne soit pas dirigé envers un adulte. Ceux qui y ont recours sont considérés comme des adultes immatures. Sa signification est légèrement différente. Nous l’utilisons afin de signifier notre incrédulité, parfois notre désaccord. Chez les japonais, cela s’accompagne d’une notion de mépris.

-Le orz : cela se complique et on s’éloigne un peu plus de nos coutumes, quoique …

Le O représente la tête, le r, le corps et le z, les jambes. Le héros tombe à genoux, à peine retenu par la force de ses bras, la tête est penchée, face vers le sol. Cette position exprime la frustration, le désespoir, mais également l’abandon, la défaite et par extension la dépression.

-Le signe V : cela ne vous aura pas échappé, à chaque photo les asiatiques brandissent l’index et le majeur.

C’est simplement le signe de la victoire, nous l’utilisons moins souvent qu’eux. Bien qu’un homme politique français en ait fait sa marque de fabrique. Une idée ?

Et oui, monsieur le Président Chirac, vous étiez sans le savoir un visionnaire.

-Enfin, notons une multitude de gestes qui s’ils paraissent insignifiants à première vue, en disent long sur votre personnage :

-Un sourcil qui se hausse signe un personnage sarcastique

-Une fille qui joue avec une mèche de cheveux indique sa grande timidité ou une situation de gêne

-Le personnage est en colère : il traitera probablement l’autre de baka à savoir de taré, d’idiot et serrera le poing. En passant, jetez un petit coup d’œil à la bouche et aux yeux.

Les insultes dans le Manga

Et si pour terminer, on se lâchait un peu ? Que diriez-vous de braver l’interdit et d’apprendre quelques mots destinés à clouer le bec de votre interlocuteur ?

Les injures en japonais sont d’ailleurs foison pour un peuple qui ne tolère pas vraiment cela ! Voici une liste de bujoku (gros mots) à ne jamais prononcer et ce n’est pas la maman qui parle ! Ils sont indispensables à la compréhension de certaines bulles et je comprends enfin certains mots que se lançaient mes enfants à la tête. Je me suis bien fait avoir, moi qui guettais les p…, P… enfin vous savez tout ce qui se rapporte aux péripatéticiennes.

Pour autant, n’allez pas croire que les mangas sont vulgaires, même si certains y vont franchement.

Petit lexique des insultes qu’on trouve dans certains manga

-Mesu Buta : cette insulte s’utilise pour traiter une fille de « truie »Kuso Yaro : yaro signifie « vaurien » et -kuso « merde ». Je vous laisse réunir.
-Baka Yaro : ce mot signifie un « idiot », de manière accentuée

-Busaiku : à utiliser uniquement pour un homme et pour lui dire qu’il est « laid ». L’équivalent féminin est —Busu. Très mal poli et déplacé.
-Abazure : ce mot veut dire « salope » et s’utilise pour les femmes. Il se voit presque exclusivement dans les sous-titres de films étrangers au Japon. C’est en effet très français.
-Aho : idiot.
-Baka Tare : idiot de façon plus poussée (crétin)
-Chikusho : Il est utilisé quand on est énervé, un peu l’équivalent de « merde » en français.

-Fakku : Celui-ci me fait trop rire. Ils ont fait une traduction littérale de l’anglais « FUCK.

-Jigoku he ike : va en enfer
-Kuso Kurae ou kutabare ou Usero yo : littéralement, mange de la merde que l’on pourrait traduire par va te faire foutre.

-Kuso Gaki : sale gosse
-Shine : crève

-Tawagoto : merde
-Temee : bâtard
-Urusei: ferme-la
-Yariman : femme qui a couché 10000 fois (la notion de temps n’est pas précisée), donc pour un japonais : une salope.
-Chinko Wo Shaburu : celui-ci est vraiment très déplacé et fait référence à de célèbres sucettes à l’anis.
-Futotta kuso : grosse merde
-Kusatteru oyaji : minable vieillard

Voilà, maintenant vous maîtrisez l’art de l’insulte japonaise. Ouvrez grand vos oreilles vous serez étonnés de la richesse linguistique de vos enfants.

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