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Economie du livre

Frais de port des livres – Amazon monte au créneau

frais expedition livres amazonUne proposition de loi relative aux frais d’expédition des livres, de la sénatrice Laure Darcos sera débattue cette semaine à l’Assemblée. (lire notre article).

Cette proposition de loi  prévoit de réguler les frais de port pour les livres achetés en ligne.

0,01 euro

Les frais de port seraient identiques pour tous. L’objectif est d’éviter de pénaliser les petits sites libraires versus les mastodontes comme Amazon ou Fnac. Pour rappel le prix du livre papier est unique en France, ce sont les frais d’envoi aux clients sur Internet qui diffèrent.

En effet, des sites comme Amazon, Fnac ou encore Decitre, fixent le prix d’expédition des livres au seuil légal de 0,01 euro. Les autres librairies en ligne ont, quant à elles, du mal à s’aligner sur ce tarif.

250 millions€ par an de perte de pouvoir d’achat pour le lecteur

Dans un communiqué, Frédéric Duval dénonce avec fermeté et arguments cette proposition de loi.

Le DG d’Amazon France explique : « Les citadins pourront certes y échapper en achetant leur ouvrage en librairie, mais pour les autres, la facture sera élevée : pour un livre de poche vendu 6,50€, le tarif « lettre verte », c’est-à-dire le tarif postal le moins onéreux, est de 3,94€, ce qui représente un surcoût de 61%, soit plus de 250 millions d’euros par an de perte de pouvoir d’achat pour des millions de lecteurs Français. »

Le numéro un du site marchand évoque l’inflation et d’autres chemins possibles pour équilibrer les expéditions et limiter la distorsion. « A l’heure où l’inflation fait un retour remarqué et où les pouvoirs publics appellent à tout faire pour l’enrayer, avons-nous besoin d’une loi qui renchérisse le coût des livres et pénalise les habitants des petites villes et des zones rurales ?»

Frédéric Duval pense qu’il y a d’autres solutions. Il cite par exemple «l’instauration d’un tarif postal réduit pour les livres, qui existe depuis longtemps outre-Rhin – qui ne pénaliseraient ni la lecture, ni le pouvoir d’achat des Français. »

(Mise à jour)  – Voici le communiqué du SLF suite aux propos de DG d’Amazon

Le Parlement examine actuellement la proposition de loi « visant à conforter l’économie du livre et à renforcer l’équité et la confiance entre ses acteurs ». L’un des points principaux de cette proposition de loi consiste à instaurer des frais de port minimums pour l’expédition des livres commandés sur internet. Cette mesure a pour objectif de mieux équilibrer la concurrence entre de grandes plateformes vendant à perte en facturant l’expédition 1 centime d’euro et les libraires qui, pour la même expédition, doivent s’acquitter de frais postaux de près de 7 euros.

Le PDG d’Amazon France pointe aujourd’hui, dans une tribune, les risques que cette mesure entraînerait sur les personnes modestes et celles éloignées des grands centres urbains. Pour ce faire, il s’appuie sur des chiffres d’Amazon ou d’une étude commandée par lui. Ces données sont, en fait, contredites en tous points, par l’INSEE* :

– « les lecteurs aux revenus les plus modestes ont davantage tendance à acheter exclusivement en ligne »

Selon l’INSEE, au contraire, ce sont les personnes les plus aisées qui achètent le plus sur internet : parmi les Français les plus modestes, 55% achètent sur internet contre 79% parmi les Français les plus aisés.

Les personnes n’ayant aucun diplôme ou le CEP sont 31% à acheter sur internet contre 88% parmi les personnes disposant d’un diplôme supérieur au bac.

L’INSEE précise qu’« à l’instar de l’équipement et de l’accès à Internet, l’achat en ligne est fortement lié à l’âge et au niveau de vie des personnes ».

– « les habitants des communes de moins de 10 000 habitants achètent davantage en ligne que la moyenne »

Là encore, les données de l’INSEE contredisent ces affirmations : parmi la population résidant dans des communes de 2 000 à 50 000 habitants, 60% des personnes achètent sur internet contre 65% dans les communes de plus de 200 000 habitants (hors région parisienne) et 70% dans l’agglomération parisienne.
Le Syndicat de la librairie française rappelle que la proposition de loi discutée au Parlement vise à ramener les frais d’expédition de livres au niveau de ceux des autres produits. Amazon ne pratique en effet la quasi gratuité des frais d’expédition que sur le livre, montrant ainsi clairement sa volonté d’évincer de ce marché les autres acteurs, à commencer par les libraires indépendants.

Si cette proposition de loi est adoptée, les frais d’expédition des livres seront donc au niveau des autres produits et il n’y aura naturellement aucune incidence sur le prix des livres vendus en librairie.

Internet ne peut pas se transformer en « far west » où prévaudrait la seule loi du plus riche ! Défendre une saine concurrence, c’est permettre à des milliers de libraires de continuer à promouvoir la diversité culturelle, à défendre les emplois locaux et à animer nos villes, nos villages et nos bourgs, tout en développant parallèlement leur présence sur internet.