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Economie du livre

Les auteurs américains de plus en plus pauvres

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C’est un constat quasi mondial qui se vérifie aux Etats-Unis. La Guilde des auteurs (USA) a publié une étude dressant un constat alarmant sur les revenus des auteurs. 

En à peine dix ans, les revenus des auteurs américains ont baissé de 42%.

Une autre étude publiée en Octobre 2018 pointait également une situation préoccupante pour les auteurs canadiens, leurs revenus ont baissé 78% au cours des vingt dernières années (lire notre article).

Concernant les Etats-Unis, jamais un chiffre aussi bas n’avait été relevé.

Revenus des auteurs – Un peu plus de 6000 dollars

Selon les chiffres publiés par l’Authors Guild, la rémunération moyenne des auteurs est de 6080 dollars en 2017.

C’est une baisse de 42% depuis 2009, la moyenne des revenus était de 10500 dollars.

En 2014, une autre enquête de la Guilde estimait le revenu moyen des écrivains à 8000 dollars.

Les auteurs de fiction particulièrement touchés

Les auteurs de fiction accusent de plein fouet cette baisse de revenus avec moins 43% en cinq ans.

Quand on décortique un peu les chiffres, 21% des auteurs publiés régulièrement s’en sont « sortis » en 2018. Mais, 51% d’entre eux tirent leurs revenus d’activités annexes (publication de livre plus autre).

Et l’autoédition ?

Selon l’étude, les auteurs indépendants américains sont dans une autre configuration. Les revenus ont doublé depuis 2013, toutefois la moyenne des revenus est moindre.

En effet, le revenu moyen est de 1951 dollars pour 2017. L’association note que cette rémunération est malgré tout, 58% plus basse que celle des auteurs publiés par une maison d’édition.

Les raisons de la paupérisation des auteurs

Plusieurs facteurs contribuent selon la Guilde des auteurs à cette paupérisation.

En ligne de mire, Amazon. Le géant du e-commerce imposerait des marges trop restreintes aux éditeurs et les auteurs en font les frais.

Pour les auteurs autoédités, Amazon est encore cité de par le « monopole » qu’il exerce sur les indés avec des conditions de plus en plus rigide.

Autre raison évoquée, la vente des livres d’occasion pour laquelle l’auteur ne touche pas un cent.

Et enfin, la guilde pointe les rémunérations quasi inexistante quand un livre est présent sur des plateformes de lecture comme Kindle Unlimited ou encore Open Library.

Les propositions pour améliorer la situation

Pour la Guilde des Auteurs, il y aurait plusieurs solutions à mettre en place pour endiguer cette hémorragie.

Imposition d’un droit d’auteur lors de la revente d’occasion d’un livre neuf.

L’adoption par le Congrès d’une exception à loi antitrust afin de permettre aux auteurs autoédités et aux éditeurs de « négocier collectivement » avec les GAFA.

La destruction des retours libraires pour empêcher la revente des livres en occasion. Et enfin, la création d’un fonds rémunérant les écrivains pour l’utilisation publique des livres.

En France, la situation n’est pas plus brillante, lire le constat de La Ligue des Auteurs professionnels en France ici