Abonnement Ebook – Interview – La solution izneo

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Suite à la publication du rapport Engel au mois de février, concernant les offres d’abonnement aux livres numériques, les plateformes proposant la lecture d’ebooks en illimité ont dû revoir leurs copies (lire nos articles).

Dans son rapport, la médiatrice du livre après discussion avec les différents acteurs, a conclu que ces modèles n’étaient pas conformes à la loi sur le prix unique du livre. Les plateformes devaient donc proposer des solutions pérennes et conformes à la loi de 2011.

Pour izneo, la plateforme de lecture de bandes dessinées en streaming (groupe Média Participations), la solution a été « simple ». La librairie de BD numériques a décidé de restreindre son offre d’abonnement aux seuls titres du groupe MP.

En adoptant cette solution, izneo est conforme à la loi de 2011 sur le prix du livre numérique. Cette proposition a été validée par le Ministère de la Culture.

Claude de Saint Vincent, Directeur général du groupe, décortique avec nous dans cette interview les différents aspects de ce modèle économique.

Pourriez-vous nous faire un point sur le modèle économique d’izneo ?

En fait le modèle d’Izneo est un peu différent.
Ultraspécialisés sur la bd, nous avons fait le choix d’une offre aussi large que possible en matière de formats, de possibilités et de modes de lecture : achat à l’acte, location, streaming, abonnement, feuilletage gratuit, offres promotionnelles, abonnement réservé à la lecture en bibliothèque…etc.

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Quelle solution avez-vous choisi pour être « conforme à la loi » ?

Vous l’aurez compris, l’abonnement n’est pas, et de loin, le modèle unique. Et ce sont les éditeurs qui décident de l’intégrer ou non dans leur offre. Ou de constituer un abonnement qui leur soit spécifique. Comme ce sont eux qui fixent les prix des albums numériques.

Les conclusions du médiateur du livre n’ont donc posé aucun problème. Notre approche de l’abonnement et l’offre actuelle d’Izneo leur correspondent parfaitement. Elle était composée à 99% de titres du même groupe éditorial et s’est immédiatement adaptée. [Ndlr : donc 1% des titres ont été retirés de l’offre d’abonnement]

D’une manière générale, que pensez-vous du modèle d’abonnement en illimité ?

En matière de littérature (et la bande dessinée est un genre littéraire à part entière) un abonnement exhaustif et illimité est absurde.
Il ne correspond à aucun besoin et à aucun lecteur (et à coup sûr à aucun modèle économique possible). En revanche un abonnement sur un catalogue ou un genre spécifique, une offre limitée dans le temps ou dans son ampleur permettent de construire un abonnement ciblé, avec une vraie logique marketing et de découverte, et de donner envie à de nouveaux lecteurs.

L’abonnement en bande dessinée a une vraie logique en raison de la prééminence de séries longues, de la durée de lecture et de l’existence de lecteurs passionnés et parfois compulsifs.
L’offre d’abonnement d’Izneo :
– est suffisamment importante (environ 1500 titres) pour être très attractive
– provenant d’éditeurs aussi différents que Dargaud, Lombard, Dupuis, Urban Comics, Kana elle est aussi très diversifiée
– centrée sur le fond elle n’entre pas vraiment en concurrence avec la librairie traditionnelle ou les nouveautés (numériques ou papier)

Quelle est votre vision sur l’abonnement à court et moyen terme ?

Izneo offre aujourd’hui plus de 12000 titres de plus de 60 éditeurs différents, en français essentiellement mais de plus en plus en anglais et depuis peu en néerlandais via www.yieha.be. A priori il y a de la place pour d’autres abonnements possibles, à développer par les éditeurs : jeunesse, titres en anglais, romans graphiques…etc.

Et l’abonnement multi-éditeurs reste possible pour les lecteurs étrangers. Ce devrait être un outil important de conquête de lecteurs très difficiles à toucher aujourd’hui.

En tout état de cause l’interprétation de la règlementation actuelle favorise les catalogues les plus anciens et les plus importants. C’est une conséquence un peu paradoxale qui barre l’abonnement aux plus,petits éditeurs… Mais tout ça est encore balbutiant et évoluera probablement.

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