Á voir ou à ne pas voir cette semaine au cinéma, voici mon avis sur deux films qui sortent ce 18 mars : Les Rayons et les Ombres et Le sifflet.
Le film à voir : Les Rayons et les Ombres
« Tout s’excuse et se justifie à une époque où l’on a transformé la vertu en vice, comme on a érigé certains vices en vertus. » Cette citation, extraite du roman « Illusions perdues » d’Honoré de Balzac, adapté en 2021 par le réalisateur Xavier Giannoli, aurait pu aussi être employée au sujet des personnages de son nouveau film.

Une grande œuvre, à la fois subtile et intense, sur une période noire et complexe de notre pays : la Collaboration durant la Seconde guerre mondiale.
Ce magnifique long-métrage est inspiré d’une histoire vraie : celle du journaliste collaborateur Jean Luchaire (formidable Jean Dujardin).
Sa fille Corinne Luchaire, actrice en vogue de l’époque (Nastya Golubeva, fille du cinéaste Léos Carax, irradie l’écran par sa beauté et son talent).
Le récit, totalement maîtrisé, montre comment un père et sa fille ont été emportés dans l’engrenage collaborationniste avec les nazis.
Récompensé par 7 César en 2022 pour « Illusions perdues » (dont celui du meilleur film) et salué pour « Quand j’étais chanteur », « Marguerite », « À l’origine » ou « L’Apparition », Xavier Giannoli poursuit ici son exploration des zones d’ombre de l’Histoire française.
Jean Dujardin confie : « Ce personnage de Luchaire ne m’intéressait pas plus que ça, c’est la complexité humaine qui était intéressante. Comment on a glissé, dans cette période, dans la collaboration ? Qu’est-ce que ça dit de nous ? Ce film lève le voile, dit tout ce qui n’a pas été dit, ce que beaucoup n’ont pas voulu voir pendant la collaboration de la France. Ce film a aussi une utilité. »
Avec « Les Rayons et les Ombres », Xavier Giannoli signe ce qui devrait être l’un des grands moments cinématographiques de 2026. Un de ceux qu’on n’oublie pas. Une œuvre puissante, passionnante et indispensable.
Les Rayons et les Ombres, en salles le 18 mars. Durée : 3 h 15
Le film à éviter : Le sifflet
Produit dans la lignée des thrillers surnaturels centrés sur la jeunesse, ce film de Corin Hardy s’inscrit dans le genre du Teen Horror contemporain.
Un mélange de malédiction, d’artefact ancien et de menace invisible. L’intrigue commence lorsqu’un groupe de lycéens trouve un objet oublié : un sifflet de mort aztèque. En soufflant dedans, ils déclenchent un son strident et inhumain, dont ils découvrent la véritable nature.
Ce cri surnaturel ne se contente pas d’effrayer. Il invoque leurs propres morts futures. À force que les victimes se multiplient, la mécanique de la malédiction se précise.
On ne comprend pas grand-chose à cette histoire tellement elle se vautre dans la confusion, la profusion d’effets spéciaux et le ridicule. C’est too much !
Il y a peut-être des aficionados pour ce style de films. Mais on se demande pourquoi des producteurs misent sur ces longs métrages. On n’a qu’une envie : siffler la fin de la partie !
Le sifflet, en salles le 18 mars. Durée : 1 h 40.
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