Á voir ou à ne pas voir cette semaine au cinéma, voici mon avis sur deux films qui sortent ce 11 mars : Orphelin et Les K d’Or.
Le film à voir : Orphelin
Le réalisateur hongrois Làzlò Nemes est sans conteste l’un des cinéastes les plus singuliers de sa génération. Et aussi l’un des plus doués.

Avec ses différents longs métrages, il a su créer un univers personnel. Après « Le Fils de Saul » et « Sunset », son nouveau film « Orphelin » s’inscrit dans la continuité de son exploration du destin du peuple hongrois au XXème siècle.
Nous sommes à Budapest en 1957, après l’échec de l’insurrection contre le régime communiste de Hongrie. Andor, un jeune garçon juif, vit seul avec sa mère Klàra qui l’élève dans le souvenir de son mari disparu dans les camps de concentration. Lorsqu’un homme rustre, tout juste arrivé de la campagne, prétend être son vrai père, le monde d’Andor va être bouleversé.
« C’est une histoire qui nous a hantés pendant mon enfance, et bien au-delà. On me la racontait, et elle semblait presque irréelle. C’est l’histoire d’un gamin qui, à douze ou treize ans, doit apprendre son vrai nom. Il doit changer de nom parce qu’un étranger débarque dans sa vie et dit être son père. », explique le metteur en scène.
Son récit, à la fois puissant et émouvant, ne peut pas laisser indifférent. Remarquablement maîtrisé et jamais didactique, « Orphelin » porte un regard implacable sur les systèmes totalitaires.
Dans le rôle du père qui bouscule le destin d’Andor, l’acteur français Grégory Gadebois nous offre l’une de ses meilleures prestations. Sa performance est d’autant plus grande que le comédien a appris toutes ses répliques en langue hongroise. Il y a, parfois, des œuvres cinématographiques qui donnent à réfléchir, tout en n’omettant pas le plaisir de se plonger dans une histoire, forte et remplie d’une véritable humanité. C’est le cas d’ « Orphelin » et il faut le découvrir pour s’en rendre compte.
Orphelin, en salles le 11 mars. Durée : 2 h 13
Le film à éviter : Les K d’Or
Commençons par l’histoire. D’après sa mère, Noé serait le fils caché de l’ancien dictateur lybien Kadhafi. Devenu chasseur de trésors, il n’a donc plus qu’une obsession : récupérer l’or de son père éparpillé dans le Sahel après sa mort. Pour y arriver il va avoir besoin des connexions de Zoulika (anciennement Louise), aussi attachante qu’incontrôlable et fraîchement sortie d’un centre de réinsertion civique. Sans oublier Ryan, puceau malvoyant de 52 ans participant au « Marathon des sables ». Ce qui pourrait être une parfaite couverture pour passer la frontière discrètement !
L’humoriste Jérémy Ferrari l’affirme : « Je voulais faire une comédie sur l’humain. » Mission totalement ratée tant cette comédie, dont il est à la fois le réalisateur, le scénariste et le héros est exécrable et sans aucun intérêt.
Le trio d’acteurs principaux (Jérémy Ferrari, Éric Judor et Laura Felpin) fait réellement pitié dans ce somptueux… navet. Ne vous aventurez pas dans ce désert cinématographique !
Les K d’Or, en salles le 11 mars. Durée : 1 h 36.
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