Nightmare Alley – Véritable ode au film noir des années 50

Critique ciné - Nightmare Alley - Le film noir à son nouveau chef d'œuvreAvec Nightmare Alley, Guillermo Del Toro rend un fervent hommage au film noir des années 50. Le film est une adaptation du livre éponyme de William Lindsay Gresham publié en 1946. 

Nightmare Alley de la 20th Century Studios nous fait découvrir les deux côtés du miroir du rêve américain dans les années 30 – 40. On suit l’irrésistible ascension et la chute brutale de Stanton Carlisle.

En pleine dépression, Stanton Carlisle rejoint une foire itinérante pour essayer de gagner un peu d’argent. Un ancien mentaliste le prend rapidement sous son aile. Il commence à lui apprendre les secrets de son art en le mettant en garde de ne pas dépasser les limites.

Stanton Carlisle entrevoit tout de suite le formidable potentiel de ce pouvoir sur les autres. C’est son ticket d’entrée vers le succès et surtout le moyen d’arnaquer l’élite de la société new-yorkaise.

Son ambition dévorante le poussera à rencontrer le Docteur Lilith Ritter, une femme aussi mystérieuse que machiavélique.

Nightmare Alley – Des acteurs dignes de l’âge d’or Hollywood

Nightmare Alley est découpé en deux parties. La première se déroule dans la fête foraine. C’est notre préférée. Elle rappelle un peu l’excellente série TV La caravane de l’étrange avec le côté fantastique en moins.

On découvre la vie dans cette foire itinérante avec une galerie de personnages sans pitié qui luttent pour survivre. Ils sont aussi monstrueux que leurs tours mais aussi attachants. C’est là que Bradley Cooper fait ses armes. On comprend tout de suite quel genre de personnage il est.

La pitié n’a pas sa place dans cet univers. La deuxième partie du film nous entraîne dans les hautes sphères new-yorkaises. Stanton Carlisle est devenu une star et tout le monde se l’arrache.

Cate Blanchett entre alors en scène. Son personnage est glaçant. Elle joue la carte de la beauté fatale sans limite. La brutalité et la cruauté monte d’un cran avec les jeux de manipulations et de pouvoirs. C’est du grand art.

On voit Stanton Carlisle s’enfoncer peu à peu et perdre le contrôle. Le scénario est prévisible mais honnêtement difficile d’avoir de la peine pour lui tant le personnage est détestable et sans aucune morale. 

Une maîtrise parfaite du film de genre

Toute cette overdose de noirceur est emballée dans un écrin du plus pur style du film noir. Guillermo Del Toro montre une maîtrise parfaite du genre. Les plans, les décors, les costumes, la lumière, nous plongent dans l’atmosphère si particulière des films noirs.

On regrette juste quelques blancs dans le scénario. D’où provient exactement la cicatrice et que devient Molly ( Vous comprendrez en voyant le film) ? 

Mis à part ça, tous les codes sont là et on s’attendrait presque à voir débarquer Humphrey Bogart et Lauren Bacall. Bradley Cooper et Cate Blanchett relèvent magistralement le défi.

Alors est-ce qu’on a aimé le film ? Oui. C’est parfaitement réalisé, parfaitement joué et l’atmosphère est incroyable. Il faut juste être préparé et avoir envie de voir ce genre de film. Ca n’est pas vraiment une histoire qui détend.

Parce que quand on vous dit que c’est noir, c’est noir et même sans espoir avec une pointe de brutalité sans filtre en plus qui nous rappelle qu’on est devant un Guillermo Del Toro.

Le film dure 2h30. Il aurait pu être raccourci mais comme ça vous avez le temps de sentir lentement monter la pression jusqu’à son apothéose finale de noirceur.
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