Avis livre audio – Mon nom ne suffit pas

Il est des œuvres audio qui accompagnent agréablement une promenade… et d’autres qui s’invitent dans votre esprit pour y rester. 

Mon nom ne suffit pas” appartient sans conteste à la seconde catégorie. C’est une fresque ambitieuse, érudite et engagée, qui interroge la place des femmes dans la création artistique.

Avis Livre audio Mon nom ne suffit pas.

L’intrigue nous transporte à New York en 2013 et à Londres en 1581. Deux temporalités, deux destins féminins, une même rage de créer.

D’un côté, Melina Green, dramaturge contemporaine talentueuse, évolue dans un univers culturel encore largement dominé par les hommes. De l’autre, Emilia Bassano, poétesse élisabéthaine brillante, contrainte au silence par les règles sociales de son époque. Toutes deux cherchent à faire exister leur œuvre, quitte à emprunter un nom masculin pour être entendues.

À travers cette construction en miroir, Jodi Picoult compose une fresque féministe puissante, mettant en perspective les avancées réalisées… et les stagnations persistantes. Le parallèle entre passé et présent est saisissant : les siècles passent, certaines résistances demeurent.
Une plume engagée et documentée

L’écriture se révèle à la fois poétique et incisive. L’autrice magnifie l’art et la création tout en refusant toute édulcoration des réalités historiques et sociales. Certains passages sont volontairement plus âpres, presque inconfortables — et c’est précisément ce qui donne à l’ensemble sa force.

Condition féminine, patriarcat, religion, reconnaissance artistique, mémoire collective : les thèmes sont nombreux et traités avec rigueur. Le roman s’appuie sur des recherches solides et nourrit une réflexion approfondie, notamment autour de Shakespeare, dont la figure traverse le texte de manière éclairante.

La note finale de l’autrice mérite d’ailleurs une attention particulière : elle explique la démarche intellectuelle et militante qui sous-tend l’ensemble du projet.

Une interprétation en duo, tout en nuances

L’édition audio repose sur un duo particulièrement complémentaire.

Charlotte Gagnor propose une interprétation sobre et incarnée. Elle installe les émotions sans surenchère, donnant toute leur place aux tensions, aux doutes et aux injustices traversées par les personnages. Son approche assure une écoute fluide, claire et efficace.

Amandine Longeac, quant à elle, impressionne par la maîtrise du phrasé d’époque et la mise en valeur des passages poétiques. Elle restitue la musicalité des textes élisabéthains et transmet l’émotion avec justesse, sans jamais verser dans l’excès. Certaines scènes serrent la gorge ; d’autres donnent envie de lever le poing. L’équilibre est remarquable.
Une écoute qui marque

Oui, quelques longueurs peuvent se faire sentir au fil des 19 heures d’écoute. Mais le sujet passionne, la documentation est solide et la réflexion menée jusqu’au bout. On ressort enrichi, parfois bousculé, mais indéniablement touché par les trajectoires croisées d’Emilia et de Melina.

Mon nom ne suffit pas (Hardigan & Éditions Charleston) est une œuvre audio qui interpelle, dérange et émeut. Un roman sur la création lorsque l’on n’a pas le droit d’exister pleinement. Sur les voix que l’on efface. Et sur celles qui refusent de se taire.

Pour écouter des extraits et vous forger votre propre opinion, rendez-vous sur Instagram.

Une écoute exigeante et stimulante, à recommander aux oreilles curieuses et engagées. Pour acheter ce livre Cliquez ici ou Cliquez ici.
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