Lionel Sabatté au Musée de la Chasse et de la Nature, l’expo la plus étonnante de la rentrée

Jusqu’au 21 février 2027, le Musée de la Chasse et de la Nature accueille “Ce qui reste”, une exposition consacrée à Lionel Sabatté. 

L’artiste investit les lieux dans une scénographie inédite et surprenante. D’ailleurs, pour la toute première fois, la cour même du musée sert d’espace d’exposition. Découvrez le catalogue de l’expo.

Expo de Lionel Sabatté Ce qui reste au Musée de la Chasse et de la Nature

Un parcours au cœur des collections

L’expérience frappe d’emblée par l’étonnement qu’elle suscite. Si la grande salle du bas ainsi que la salle qui clôt le parcours sont entièrement dédiées à l’univers de Lionel Sabatté, le reste de la déambulation s’effectue au milieu même des trésors permanents du musée.

Les œuvres récentes de l’artiste entrent en résonance, et parfois en juste tension, avec le parcours muséographique. Ensemble, ils partagent un regard profond sur les liens complexes qui unissent l’humain au vivant.

Une revisite du bestiaire

Lionel Sabatté revisite le bestiaire emblématique du musée : le cerf, le sanglier, le loup, papillonsou encore crocodile. Mais très loin de toute tentation naturaliste, l’artiste donne naissance à des formes ambivalentes.

Elles oscillent perpétuellement entre construction et ruine, puissance et fragilité. Portant en elles leur propre instabilité, ces figures animales glissent peu à peu vers le paysage, vers l’informe et vers ce qui échappe à la nomination.

Cette logique de renversement s’incarne tout particulièrement dans le choix des matériaux. L’artiste convoque des matières aux statuts troubles, situées aux marges du vivant et du déchet. Ici, les médiums ne se trouvent jamais là où on les attend.

Le plasticien utilise la poussière, l’oxydation, la laine, mais aussi des ongles, peaux mortes et débris organiques abandonnés par le corps, dégradés par le temps.

Ces médiums introduisent au cœur de l’œuvre une temporalité propre à la décomposition et à la métamorphose, brouillant les frontières entre les règnes animal, végétal et humain.

Les sculptures, peintures, dessins et tapisseries (dont une majorité d’œuvres inédites) apparaissent ainsi comme des états instables, traversés par les cycles d’altération et de passage qui définissent l’existence elle-même. Si certains de ces médiums peuvent paraitre rebutants, Sabatté arrive à les rendre nobles.

Lionel Sabatté, l’alchimiste de la poussière

L’exposition offre également l’occasion de découvrir la « poussièrographie », une technique singulière inventée par Lionel Sabatté.
Remplaçant les encres habituelles par une base transparente mêlée à de la poussière texturée, l’artiste compose de véritables empreintes de la mémoire.

Pour cette série, la matière a été récoltée au château de Chambord. Il s’agit d’une multitude de résidus agrégés par le passage des visiteurs au fil du temps. La mue s’opère, les traces du sous-bois de l’ancien domaine de chasse royale revivent.
“Ce qui reste” est une expo forte, surprenante où chacun se rendra compte que la perte est aussi la nécessité du vivant. Découvrez le catalogue de l’expo.
Photos et vidéo Frédéric Danilewsky

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