Voici mon avis sur « L’affaire Marie-Claire » qui sort le 4 novembre dans les salles de cinéma.
Novembre 1972. Au tribunal de Bobigny, un procès hors norme secoue la France entière. Marie-Claire Chevalier, 16 ans, est accusée d’avoir avorté illégalement.

À la barre, défilent sa mère et toutes les femmes qui l’ont aidée. Leur avocate, Gisèle Halimi, fait un pari fou et insensé : elle leur demande de ne pas plaider coupable. Et elle va oser ce qui n’a jamais été effectué auparavant : accuser et attaquer la loi, au risque de tout perdre.
Il faut découvrir cet excellent long métrage, réalisé par le tandem Lauriane Escaffre et Yvo Muller et présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes.
Un film certes classique dans sa mise en scène, mais extrêmement efficace et intense dans son propos. Avec dans le rôle de Gisèle Halimi, Charlotte Gainsbourg qui convainc par sa prestation : « Comme beaucoup de personnes j’imagine, je connaissais surtout la grande figure publique : une voix, une présence, quelques images très marquantes. Mais je ne connaissais pas vraiment le détail du procès de Bobigny, ni l’intimité de la femme derrière l’avocate. Le scénario m’a permis d’entrer dans quelque chose de beaucoup plus incarné. Je me suis renseignée autant que possible, en regardant beaucoup d’archives, d’émissions et j’ai découvert une figure extrêmement forte. Comme pour chaque projet mais peut être encore davantage quand il s’agit d’une personnalité réelle, il y a donc eu une envie très spontanée de s’engager. Puis est venu le moment où j’ai mesuré le défi. Mais quand un rôle fait un peu peur, c’est précisément ce qui est excitant », dit la comédienne.
Une plongée réussie, avec un thème puissant, dans la France des années Pompidou
Outre Charlotte Gainsbourg, on retrouve dans le casting Cécile de France, Grégory Gadebois et Saül Benchetrit. Sans oublier Farida Ouchani, qui campe Fritna, la mère juive tunisienne de Maître Halimi, une femme archaïque tandis que l’avocate se distinguait, elle, par son progressisme.
Une distribution de comédiens parfaitement cohérente, qui donne toute sa force à cette œuvre dont l’immense mérite est de nous rappeler le combat de Gisèle Halimi.
En nous replongeant dans la France des années Pompidou, le tandem Lauriane Escaffre-Yvo Muller brosse également le tableau d’une époque post 1968 avec les prémices d’une libération sociétale.
On suit le déroulé de ce célèbre procès mais le scénario met aussi l’accent sur les relations mère-fille, le milieu intellectuel et le monde des médias de ces années là. L’ensemble fonctionne en mixant le factuel, l’émotion et l’authenticité. Jugement : en allant voir ce film, vous ferez une bonne affaire !
. L’affaire Marie-Claire, en salles le 4 novembre. Durée : 1 h 42
Deux autres nouveaux films à voir ce 4 novembre
« Wild horse nine» de Martin McDonagh, avec John Malkovich et Sam Rockwell et « Un bon patron » de Philippe de Chauvron, avec Didier Bourdon et Catherine Frot.
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