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Mes très chers amis l’invitation lecture de François Rantrua

mes tres chers amis livre françois rantruaMes très chers amis est le premier roman de François Rantrua. Ce livre fait partie des bonnes surprises de la rentrée de janvier. 

On découvre chez l’auteur une plume originale, un suspense hors des sentiers battus, avec en filigrane des messages intéressants et des réflexions en matière de politique, de pouvoir, de corruption, de relations aux autres… et même d’amour !

Guillaume Einaudi est le personnage principal de Mes très chers amis. Il fait face dès le début du livre à Reinhardt, un enquêteur avide de renseignements sur certains aspects de carrière professionnelle mais aussi de sa vie privée.

Guillaume doit livrer à cet homme ses secrets les plus intimes. Pourquoi ? C’est la grande question.

On découvre alors une tranche de vie passionnante, avec un casting de personnages hauts en couleur.

François Rantrua emboîte les chapitres comme les scènes d’un film, il nous transporte des salons feutrés de l’Élysée, des demeures cossues des ultra-riches, aux villages africains en passant par un beau voyage en Toscane.

L’auteur aurait pu nous proposer un livre théorique ou encore métaphysique, pas du tout !

Il a su, avec habilité, donner à lire aux lecteurs un roman parfaitement accessible, sensible, haletant et même drôle parfois.

Mes très chers amis est la première étape de la vie littéraire de cet ingénieur général des Ponts, ancien cadre de la Banque Mondiale. Il nous en dit plus dans cette interview.

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Mes très chers amis est votre premier roman, pourquoi ce titre ?

Tout d’abord parce que mon livre parle d’amitiés, certaines sincères d’autres moins.

Mais aussi parce que j’ai souvent entendu des politiciens, des notables utiliser l’expression, cher ami ou mon très cher ami de manière galvaudée, avec des gens qu’ils connaissaient à peine ou qu’ils n’appréciaient pas.

« Mon cher ami, comment allez-vous ? » Moi, mes amis et a fortiori mes chers amis, je les tutoie.

L’expression m’a toujours fait sourire et elle résume assez bien les relations qu’entretiennent certains personnages du livre avec d’autres.

« c’est bien d’être un type important, mais c’est surtout important d’être un type bien »

L’histoire est un suspense étonnant, il y a un petit côté addictif savamment travaillé, vous êtes-vous inspiré de votre propre histoire ?

Ha ha … Non je n’ai pas côtoyé de près des marchands d’armes pas plus que des ministres « suicidés », mais bien sûr comme la plupart des romans et surtout des premiers romans, il y a une part de moi dedans.

Certaines des phrases de Guillaume me font réfléchir, par exemple : « c’est bien d’être un type important, mais c’est surtout important d’être un type bien ». Ou encore lorsque Mathilde dit que Guillaume a longtemps fait ce que ses parents, son entourage, la société en général attendaient de lui… et puis un jour il se libère, même si cela comporte des risques, même s’il doit finir dans les pattes d’un Reinhardt.

Alors oui sous certains aspects, comme dirait l’autre, Guillaume Einaudi c’est moi.

Selon vous à qui s’adresse Mes très chers amis ?

J’aimerais vous répondre « à beaucoup ». L’histoire de Guillaume n’est pas celle de tout le monde, mais chacun a eu des doutes, des joies des déceptions comparables.

Dans chaque destinée il y a des surprises, des voyages, des passions, de la chance… et de la malchance, des ambitions plus ou moins raisonnables et des opportunités saisies ou pas.

Alors même si Guillaume réagit à sa manière, beaucoup pourront se projeter.

Il en va de même pour Mathilde, un personnage complexe, qui a profondément souffert plusieurs fois dans sa vie, toujours en silence, sans s’apitoyer sur elle-même… mais elle trouve la force de rebondir et se révèle assez généreuse.

Et puis au-delà des personnages, j’espère qu’on peut aussi lire le livre sans trop se poser de questions, comme un livre de suspense et moi, comme lecteur, j’aime bien ce genre de livres… j’imagine que je ne suis pas le seul.

Mes très chers amis traite, en filigrane de l’actualité, du pouvoir, avez-vous voulu envoyer des messages ?

Comme tout le monde, je lis les journaux, je discute de l’actualité avec des amis et parfois avec des inconnus et j’ai mon opinion.

Certains personnages du livre et en particulier Guillaume ont le même avis que moi, par exemple sur les causes de certains blocages sociaux en France ou sur le développement de l’Afrique.

Mais ce qui compte à mes yeux, dans la vie comme dans le roman c’est de donner d’autres points de vue, de dialoguer avec ceux qui n’ont pas la même analyse sans pour autant entrer dans une dialectique ennuyeuse ou stérile.

Mes positions, mes analyses ne sont que le fruit de mon parcours, de mes lectures.

Ce sont les nouveaux échanges avec d’autres qui les enrichiront. Alors oui j’espère que certains points de vue exprimés dans le livre seront suffisamment pertinents pour engager un dialogue.

A 20 ans j’aurais traité Alexandre de salaud.

Aujourd’hui je suis plus modéré…

François Rantrua, votre livre est aussi un très beau plaidoyer sur l’amitié, pourriez-vous nous en dire plus ?

Pour ce qui est de l’amitié, je pense que comme tout le monde j’ai besoin d’amis, de vrais amis et je suis affecté lorsque je m’aperçois qu’un ami n’était pas sincère et peut-être plus encore quand je réalise que j’ai fait du mal à un ami.

Avec l’âge, on devient toutefois plus indulgent et moins manichéen. A 20 ans j’aurais traité Alexandre de salaud. Aujourd’hui je suis plus modéré… mais pas cynique : les vrais amis sont irremplaçables.

Vous êtes publié chez un éditeur de renom pour un premier livre ce n’est pas si simple, quel a été votre parcours, une fois l’écriture terminée ?

En effet, j’ai eu beaucoup de chance parce que statistiquement c’est assez rare qu’un éditeur prenne le risque de publier un premier roman et je suis reconnaissant aux Presses du Midi d’avoir cru en ce livre.

Pour répondre à votre question, une fois l’écriture finie, les derniers coups de rabot puis les derniers coups de lime donnés, j’ai fait comme beaucoup : j’ai envoyé le manuscrit à une dizaine d’éditeurs, en retenant mon souffle.

A suivi une période entre espoir, rêves et doutes. Les amis qui avaient lu le manuscrit avaient tous été encourageants, mais les amis peuvent-ils être objectifs ? Après deux mois j’ai commencé à recevoir des réponses.

Beaucoup de lettres de refus m’ont semblé très standardisées d’autres éditeurs ne m’ont jamais répondu alors évidemment, comme beaucoup de primo-romanciers, j’ai commencé à douter de moi-même et de mes chances.

Parfois, je me suis même demandé si tous les éditeurs s’étaient donnés la peine d’ouvrir le manuscrit… et puis un email simple et direct, un rendez-vous à Toulon, et à peine deux mois plus tard un bon à tirer entre les mains avec ma photo en 4e de couverture et beaucoup d’émotions et à nouveau des rêves.

Puis mes exemplaires d’auteur, le livre en ligne sur la Fnac et sur Amazon, en rayons dans certaines librairies et une partie du rêve est déjà réalité.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans l’écriture lors de la rédaction de votre livre ?

J’avais démarré ce roman il y a une dizaine d’années sans parvenir à le terminer.

Je prétextais que je n’avais pas le temps, mais en réalité lorsque j’ai pris le temps, j’ai réalisé que j‘avais arrêté parce que je n’aimais pas la fin.

Alors 10 ans après j’ai beaucoup retravaillé les personnages, le scénario. J’avais écrit un journal pas un roman.

La structuration du scénario, la réécriture voire l’élimination de chapitres entiers ont été très compliquées, parfois douloureuses même, mais je savais que c’était nécessaire. Une fois l’histoire calée, l’écriture a pris moins de 3 mois.

mon seul vrai conseil c’est : Jump !

Quels conseils donneriez-vous aux auteurs qui voudraient se lancer ?

D’abord de ne pas hésiter, de se lancer. Le plaisir d’avoir un livre terminé, édité ou pas, est déjà incommensurable.

En contrepoint, un des pires regrets dans la vie, est selon moi, de ne pas avoir essayé quelque chose qui vous tenait à cœur. Alors c’est un peu le pari de Pascal.

Une fois lancé, comme pour tout projet, il faut de l’assiduité, de la régularité, de la persévérance, de l’exigence. Mais si le livre est en vous, tout cela est assez naturel à mon avis.

Après, pour l’écriture elle-même, à chacun sa méthode, son « lieu » (bureau, nature, sous les couvertures…), son outil (ordi, stylo-plume, crayon papier…) avec quelques passages obligés comme l’échange avec des experts ou la lecture d’ouvrages spécialisés sur certains sujets abordés dans la livre.

Après ce premier roman, je crois que j’ai trouvé la méthode, le rythme, les outils qui me conviennent, du moins pour un temps… pas auprès d’un ami, pas sur le net, mais en moi. Alors mon seul vrai conseil c’est : Jump !

Avez-vous déjà un autre livre en préparation ? Est-ce qu’on peut en savoir plus ?

Oui je travaille à un deuxième (et pour tout vous dire aussi à un troisième) roman.

En fait, depuis que j’ai compris que j’allais réussir à terminer mon premier roman (j’en étais à peu près au deux tiers), j’ai été pris par une angoisse étrange : est-ce que j’ai un autre livre en moi ou est-ce que je suis en train d’écrire deux livres à la fois : le premier et le dernier ?

Pour soulager cette angoisse, j’ai commencé à chercher une autre histoire, d’autres personnages et deux livres ce sont imposés à moi.

Le premier sur les liens entre la technologie, l’art et l’esthétique. Rassurez-vous pas un plagiat de Heidegger, il devrait y avoir du suspense, de l’actualité, un meurtre aussi je crois et un peu d’humour.

Et un deuxième livre plus léger qui pourrait être une sorte de polar dans un village de moyenne montagne. Ha ha non! …pas la Brigue qui est le village où je suis né, mais St Eustache-sur-Lisière (ne cherchez pas sur la carte).

Je pense qu’ils sortiront dans cet ordre-là, mais allez savoir avec les éditeurs (rires) !

 

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