IA éditeurs et bibliothécaires – Entre adoption et dilemmes éthiques, une étude éclairante

L’industrie du livre traverse une zone de turbulences technologiques. Une nouvelle enquête intitulée « AI Use Across the North American Book Market, 2025 », parrainée par le BISG et BookNet Canada, montre le “schisme” qui divise les professionnels de l’édition aux États-Unis et au Canada.

Basé sur les réponses de 559 professionnels (éditeurs, bibliothécaires et autres acteurs du secteur), le rapport révèle une industrie en pleine phase de négociation avec l’intelligence artificielle.

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Un usage déjà ancré, mais loin d’être universel

Contrairement aux idées reçues, l’IA n’a pas encore conquis l’intégralité de la chaîne du livre.

Avec des taux d’adoption restant sous la barre de la moitié, le rapport souligne que son usage est « loin d’être universel ».
-46 % des répondants utilisent l’IA à titre individuel.
-48 % déclarent que leur organisation y a recours.

Pour ceux qui ont sauté le pas, l’IA est principalement cantonnée à des fonctions de support.
Les trois domaines de prédilection sont les tâches administratives ou opérationnelles (utilisées par 24 % des individus et 29 % des organisations). Les activités de marketing comptent pour  (20 % des individus; 29 % des organisations). Enfin, l’analyse de données (20 % des individus ; 21 % des organisations).

Le frein majeur : la propriété intellectuelle

Si l’IA séduit par son efficacité opérationnelle, il effraie par son manque de cadre légal. La préoccupation numéro un, partagée par 86 % des sondés, concerne l’insuffisance des contrôles sur l’utilisation de matériel protégé par le droit d’auteur.

Cette inquiétude atteint des sommets chez les éditeurs, où 90 % des professionnels pointent ce risque, contre 77,8 % chez les bibliothécaires.

Le fossé entre agilité individuelle et lenteur organisationnelle

Le rapport note un décalage flagrant entre l’enthousiasme des travailleurs et la réponse structurelle des entreprises.

Les pros sont demandeurs de compétences. Plus de 56 % considèrent que se former à l’IA est une utilisation bénéfique de leur temps.

À l’inverse, les organisations peinent à formaliser leurs règles du jeu.
En effet, seulement 31 % des structures ont mis en place une politique officielle sur l’IA.
-34,2 % n’en ont aucune.
-26,3 % sont actuellement en train d’en élaborer une.

Bibliothécaires vs Éditeurs : Des points de douleur spécifiques

Bien que les craintes soient partagées, les bibliothécaires se montrent particulièrement vigilants sur la qualité et la transparence.
Un record de 95,1 % des bibliothécaires redoutent que des livres générés par l’IA (souvent frauduleux ou médiocres) n’inondent les plateformes de vente (contre 82,5 % pour les éditeurs).

88,9 % des bibliothécaires jugent le manque de divulgation aux consommateurs (le fait de ne pas signaler l’usage de l’IA) comme une préoccupation majeure, alors que ce chiffre tombe à 70,7 % chez les éditeurs.

IA – Un besoin urgent de coordination

L’écosystème de l’édition navigue à vue. Si l’intérêt pour la formation est réel, la prudence reste le maître-mot face aux risques éthiques et juridiques.

Le rapport conclut sur la nécessité d’un soutien coordonné à l’échelle de l’industrie pour établir des pratiques exemplaires et guider les professionnels dans ce paysage en mutation rapide.

L’IA dans l’édition ne sera efficace que si elle parvient à rassurer sur deux piliers essentiels : le respect de la création et la qualité du contenu. L’étude est là.
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