L’enfance des ruines – Le grand retour de Pascal Rabaté

Berlin, 1931. Une ville en pleine effervescence artistique, traversée par des lumières de cabarets étincelantes et des ombres politiques de plus en plus menaçantes. 

Dans L’Enfance des ruines (Rue de Sèvres), Pascal Rabaté nous plonge au cœur d’un moment de bascule historique. Le dessinateur et scnénariste, capture avec une finesse singulière cette vertigineuse « fête avant l’écroulement ».

Avis BD L'enfance des ruines

L’enfance des ruines – L’histoire en quelques traits

Folker Kuntz est un jeune publicitaire berlinois adepte de légèretés. Entouré de sa sœur artiste, liée à un amant ayant fui le racisme américain, et fou amoureux de sa voisine, une danseuse de revue au quotidien précaire, Folker croque la vie sans trop regarder le monde s’effondrer autour de lui.

Mais un soir de fête, il sauve un jeune homme d’un accident. Il s’appelle Rudy Ganz, et se révèle rapidement être un nazi convaincu.
Dès lors, un dilemme moral et intellectuel s’installe. A-t-il sauvé un futur bourreau ? Peut-il encore le convaincre et le ramener à la raison ?

Une esthétique entre cabarets et Nouvelle Objectivité

Puisant son inspiration dans l’expressionnisme allemand, les peintres de la Nouvelle Objectivité et le roman Vers l’abîme d’Erich Kästner, Pascal Rabaté conçoit la bande dessinée comme un puissant miroir social.

Comme l’écrivait Pierre Mac Orland, la détresse berlinoise de l’époque se tapit derrière les murs, étouffée par la fureur de vivre des nuits de cabaret.
Les personnages virevoltent de soirées privées du NSDAP en ateliers d’artistes, fascinés par l’illusion que le cours des choses peut encore être ignoré.

Avec une narration d’une grande sobriété et un trait d’une précision remarquable, L’Enfance des ruines ne se contente pas de faire la chronique du passé.

L’auteur tend un miroir déformant à notre propre époque. Il rappelle avec une poignante lucidité à quel point la bête immonde sait ramper dans les interstices… pendant que les hommes continuent de danser. Un roman graphique percutant et indispensable.

Pour info

Il existe deux version de L’enfance des ruines : une en couleur cliquez ici ou suivez ce lien.
Et une édition collector en noir et blanc. Elle comprend un entretien avec l’historien et journaliste Xavier Mauduit, des recherches graphiques de Baraté. Suivez ce lien ou cliquez ici.

Envie de lire ? Consultez nos chroniques ici

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha


Retour en haut