Dans le paysage éditorial, des milliers d’œuvres incontournables, curieuses ou fondamentales sombrent chaque année dans l’oubli, faute de réimpression.
Face à ce défi patrimonial et technologique, la société FeniXX dresse le bilan d’une décennie entière (2015-2025) consacrée à une mission cruciale : numériser, réhabiliter et commercialiser les livres indisponibles du XXe siècle. Emilie Delaporte, Directrice de FeniXX a dressé le bilan des activités lors d’une soirée anniversaire.

S’appuyant sur le dispositif ReLIRE, FeniXX gère aujourd’hui un registre qui compte 226 214 notices.
Ce projet ambitieux, mené en collaboration avec la BnF et sous licence de la Sofia, a permis de créer une véritable chaîne de production industrielle.
Grâce à la numérisation de 106 051 scans du dépôt légal et à l’obtention de 180 936 licences Sofia, FeniXX a pu générer un catalogue impressionnant de 100 060 documents.
Une seconde vie commerciale pour le patrimoine littéraire
Aujourd’hui, l’effort de FeniXX se traduit par des résultats concrets sur le marché du livre numérique :
-98 446 produits indisponibles ont été transformés en formats numériques , parmi lesquels 96 550 ebooks sont effectivement disponibles à la vente.
-Ce catalogue commercialisé se divise entre deux formats de lecture : 71 % en EPUB et 29 % en PDF.
-Sur le plan commercial, la réussite est au rendez-vous avec 664 000 volumes vendus au cours de la décennie.
Plus remarquable encore : la longévité de ce fonds se confirme par le fait que 69 521 références distinctes ont trouvé preneur, ce qui représente 72 % de l’ensemble du catalogue.
Cette activité vertueuse a permis de reverser un million d’euros à la Sofia au titre du droit d’auteur. FeniXX assure donc une juste rémunération aux créateurs et ayants droit des œuvres ressuscitées. Pour diffuser ces textes, FeniXX s’appuie sur un réseau solide de 240 librairies et plateformes partenaires.
FeniXX – Une plongée thématique et temporelle dans le XXe siècle
L’analyse du catalogue de FeniXX dessine une cartographie des publications du siècle dernier.
Du point de vue thématique, la littérature générale domine largement le fonds. Elle représente 45 % des titres.
Elle est suivie par les sciences humaines et sociales à hauteur de 12 % et par l’Histoire à 9 %.
Le reste du catalogue se partage entre les livres pratiques, la jeunesse, les sciences politiques (chacun à 5 %) , les sciences économiques (4 %) , les arts et beaux livres, la religion (3 % chacun) et les sciences fondamentales (2 %).
Sur le plan chronologique, le projet offre une véritable machine à remonter le temps. Les décennies les plus prolifiques du catalogue proviennent de la fin du siècle. Les années 90 représentent 23 % des titres disponibles, suivies de près par les années 80 (22 %).
Les décennies 1960 et 1970 comptent chacune pour 14 % du fonds. Les années 50 s’élèvent à 11 %. Les périodes plus anciennes, allant de 1900 aux années 40, ainsi que le début des années 2000, constituent le quart restant de cette immense bibliothèque numérique.
Exhumer ces livres indisponibles ne relève pas de la simple nostalgie ; c’est un moyen d’observer la permanence de nos questionnements sociétaux.
En dix ans, FeniXX a brillamment démontré que la numérisation est le plus sûr moyen de préserver cette vérité intemporelle et de la rendre, enfin, accessible à tous.
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