C’est le grand écart du moment : 86 % des Français considèrent la culture comme essentielle à leur qualité de vie, la plaçant presque au même niveau que la famille ou les amis.
Pourtant, dans les faits, l’enthousiasme s’essouffle. En 2025, 20% des Français n’ont eu aucune activité culturelle sur l’année écoulée.
Voici les chiffres clés d’une étude menée par Art Explora, IFOP et France Culture. Voir aussi l’étude sur les jeunes et la lecture du CNL.

Les chiffres clés d’un recul marqué
La chute de fréquentation entre 2017 et 2025 est brutale. En effet, 20 % des Français n’ont effectué aucune sortie culturelle au cours des douze derniers mois.
Musées et expositions, les chiffres passent de 62 % à 43 %.
Cinéma : de 77 % à 57 %.
La lecture enregistre un notable, puisque 72 % des Français ont lu au moins un livre cette année, contre 85 % en 2017.
Le livre : le manque de temps comme premier frein
Si la lecture reste une pratique majeure (51 % des Français lisent régulièrement), elle n’échappe pas à la crise de l’usage.
Aujourd’hui, 28 % des Français n’ont lu aucun livre sur les douze derniers mois. Le principal coupable ? Le manque de temps, invoqué par 35 % des sondés, qui peinent à intégrer cette activité chronophage dans des agendas saturés.
Pourquoi ce désamour de la culture ? La “non-envie”
Au-delà de l’argent ou de la distance géographique (toujours réelle entre Paris et la province), un nouveau frein émerge : la “non-envie”.
Ce n’est pas un rejet de la culture, mais une difficulté à passer à l’action. Plusieurs facteurs expliquent cette inertie.
Après le travail, le confort du canapé et du numérique (65 % regardent des films en ligne) l’emporte sur l’effort de sortir.
Devoir réserver, prévoir un horaire et anticiper transforme le plaisir en une contrainte logistique.
Enfin, 18 % des Français ne se sentent proches d’aucune pratique culturelle.
Un enjeu de société
Ce recul n’est pas anodin. L’étude montre que les pratiquants réguliers ont un regard plus positif sur la solidarité et sont plus engagés dans la vie collective (60 % contre 40 % pour les non-pratiquants).
Pour la Fondation Art Explora, l’enjeu est désormais de “recréer du désir” en emmenant la culture hors des musées, directement là où les gens vivent.
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