Á voir ou à ne pas voir cette semaine au cinéma, voici mon avis sur deux films qui sortent ce 4 février : À pied d’œuvre et Retour à Silent Hill.
Le film à voir : À pied d’œuvre
Touché en plein cœur ! Ce nouveau long métrage de Valérie Donzelli, à la fois bouleversant et ancré dans la réalité sociale d’aujourd’hui, s’impose comme l’un des plus beaux films français de ce début d’année.

En racontant l’histoire vraie d’un photographe à succès qui arrête son métier, pour se consacrer à l’écriture, et va tomber dans la pauvreté, la cinéaste brosse non seulement le portrait d’un artiste dans la misère, mais aussi la cruauté économique de notre époque.
Valérie Donzelli a adapté, avec brio et délicatesse, le roman « À pied d’œuvre » de Franck Courtès, paru en 2023 chez Gallimard.
Dans le rôle principal, on retrouve Bastien Bouillon qui nous offre une magnifique prestation.
Pour survivre financièrement, son personnage multiplie les petits boulots à l’ère du numérique dominateur. « Tout fonctionne désormais sur des plateformes : le ménage, les gardes d’enfant, le jardinage, le bricolage, les déménagements… C’est le nouveau monde du travail. Mais ce que je montre aussi, à travers cette uberisation du travail, c’est que l’on est tous notés. Je trouve ce rapport au jugement particulièrement violent et hypocrite. Finalement, on vit dans un monde qui empêche la vraie courtoisie puisque l’on sait que l’on peut être dénoncé à tout moment », souligne la réalisatrice Valérie Donzelli qui donne aussi la réplique à Bastien Bouillon, aux côtés de Virginie Ledoyen et André Marcon.
Œuvre où se mêlent lucidité, émotion et autodérision, « À pied d’œuvre » suit le parcours d’un homme prêt à payer sa liberté au prix fort. On ne ressort pas indifférent d’un film aussi sensible et juste que celui-là. C’est du cinéma rempli d’humanité et proche des gens. Allez-y, c’est formidable !
À pied d’œuvre, en salles le 4 février. Durée : 1 h 30
Le film à éviter: Retour à Silent Hill
Il y a 20 ans, le réalisateur français Christophe Gans avait déjà adapté avec « Silent Hill », le fameux jeu vidéo du même nom.
Il reste dans cet univers avec son nouveau film qui n’a, hélas, aucun intérêt. Lorsqu’il reçoit une mystérieuse lettre de Mary, sa fiancée perdue, James va à Silent Hill, une ville aujourd’hui dévastée sous les ténèbres.
En allant à sa recherche, James se retrouve face à des créatures monstrueuses et découvre une vérité effrayante qui le mènera aux frontières de la folie.
Ras le bol de ces pseudos super productions où le bruit assourdissant lutte avec des effets spéciaux de pacotille et des acteurs insipides et outranciers dans leur jeu !
On a de la peine pour Christophe Gans, pourtant promis à une belle carrière avec le triomphe du « Pacte des loups » en 2001 et ses 5 millions de spectateurs. Retournez chez vous si vous passez devant une salle affichant cette pauvreté cinématographique…
Retour à Silent Hill, en salles le 4 février. Durée : 1 h 46
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