Voici mon avis sur « Justin le Juste » qui sort le 23 septembre dans les salles de cinéma.
Avec un beau thème, il est possible de faire fausse route. C’est le cas de ce film qui ne parvient pas à trouver son style.

1915. La guerre constitue une terre inconnue où l’on envoie Justin, misérable paysan, à une époque où il doit s’occuper de ses champs. Il part se battre, au nom d’une loi qu’il ignore, contre un ennemi qu’il n’a jamais vu, alors qu’il ne rêve que de rester dans sa ferme.
Sa rencontre avec Basile, un tirailleur sénégalais, va lui ouvrir les yeux sur cette guerre qu’il ne comprend pas. C’est avec lui, qu’il va se révolter contre les injustices d’un commandement absurde, et devenir un héros pas comme les autres.
« Ce qui m’a plu, venant de la comédie, c’était la perspective de raconter l’histoire d’un homme ordinaire qui prend peu à peu conscience de l’importance des mots et du savoir. Il ne s’agissait pas de camper quelqu’un de naïf et de benêt, mais un homme simple qui a un côté instinctif, animal, qui comprend très vite les situations, même s’il n’est pas en mesure de les expliquer. Son éducation viendra dans un deuxième temps et il pourra alors mettre des mots sur ses pensées. On s’est très vite retrouvés là-dessus avec le metteur en scène Éric Barbier : on ne voulait surtout pas basculer dans un registre gaguesque, mais montrer que c’est un homme simple à qui il manque les codes. », dit l’acteur Alban Ivanov, héros de ce long-métrage aux côtés de Birane Ba, de la Comédie-Française, et Alexandra Lamy.
Un film historique qui manque d’ampleur et sombre dans un classicisme décevant
Hélas, « Justin le Juste » nous procure une immense frustration car il vise trop haut. Au bout du compte, il demeure au raz des pâquerettes et brise son ambition originelle.
Le réalisateur Éric Barbier pêche par un classicisme forcené qui enlève toute spécificité à son projet. Et même s’il appartient au cercle des comédiens comiques les plus doués de sa génération, Alban Ivanov ne convainc pas dans le rôle du paysan Justin.
C’est sans doute l’une des raisons qui empêchent de nous sentir concernés par ce récit qui manque en plus de souffle. On a l’impression de regarder un téléfilm historique avec quelques moyens. D’où la déception et une sensation de déjà vu. C’est peut-être injuste pour Justin mais son champ de bataille cinématographique ressemble à une défaite en rase campagne.
Justin le Juste, en salles le 23 septembre. Durée : 1 h 50
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