L’homme qui tombe, un roman hommage à toutes les victimes du 11 septembre 2001

Il y a des dates qui coupent le temps en deux. Pour quiconque avait l’âge de regarder le monde ce jour-là, le 11 septembre 2001 reste un point d’ancrage absolu. 

Un quart de siècle a passé, et pourtant, posez la question autour de vous : « Que faisiez-vous ce jour-là ? » Chacun se rappelle la pièce où il se trouvait, la lumière de la fin d’après-midi en Europe, et ce souffle coupé devant l’horreur qui s’invitait en direct sur les écrans.

L'homme qui tombe philippe Lecaplain critique livre.

Le jour où le monde a basculé

Dans la rédaction de RFI, le journaliste Philippe Lecaplain a vu, comme tant d’autres, l’histoire basculer. Mais le deuil l’a rattrapé par ricochet, quelques semaines plus tard. Il publie aujourd’hui, L’homme qui tombe. 

Le 11 novembre 2001, ma sœur, la grand reporter Johanne Sutton, était assassinée par les talibans en Afghanistan. Une victime « subséquente » des attentats, écrit-il avec une pudeur déchirante.

En ouvrant son livre par cet hommage vibrant, Philippe Lecaplain rappelle que les ondes de choc de New York sont allées mourir jusque dans les vallées afghanes. En tant que sœur de Johanne, je veux lui dire ma profonde gratitude pour ce souvenir précieux, pour ce fil tendu qui refuse de laisser sombrer sa mémoire dans l’oubli.

C’est de ce vertige global qu’est né son livre romancé, L’homme qui tombe (Librisphaera), préfacé par Hubert Védrine.

Un récit exigeant et poignant qui s’accroche à l’une des images les plus insoutenables et pourtant les plus magnétiques de ce drame : celle de cet homme anonyme, photographié en pleine chute, fendant les airs verticalement, le long des lignes d’acier des tours jumelles de New York, éventrées par les avions.

Le miroir brisé de l’Amérique

Cette photo réalisée par Richard Drew, l’Amérique l’a censurée presque aussitôt. Ce pays pourtant habitué à l’exhibition et au voyeurisme n’a pas supporté ce miroir tendu.

Pourquoi une telle ostracisation ? Parce que ce cliché volait à un homme ses trois dernières secondes de vie, encore en vie avant le fracas inéluctable sur la dalle de Manhattan. Parce qu’il montrait une vérité nue, dépouillée de tout l’héroïsme patriotique dont on a voulu habiller le drame après coup.

On ne saura jamais avec certitude qui était cet homme. Des noms ont été murmurés, des enquêtes menées, mais quelle certitude y a-t-il ? Il reste l’Inconnu de la tragédie.

Qu’a ressenti le photographe en figeant cet instant précédant la mort ? En s’attachant aux récits des proches de victimes et des témoins directs, Philippe Lecaplain ne fait pas de la spéculation morbide ; il pose la seule question qui nous interroge au plus profond de nous-mêmes : Qu’aurions-nous fait à sa place ?

L’homme qui tombe – L’ultime geste de liberté ?

Face au brasier, à la fumée suffocante, le saut dans le vide n’était pas un simple suicide. C’était le dernier choix possible d’êtres humains refusant de se laisser consumer. S’échapper des flammes pour, plus sobrement, tenter de voler vers un salut inespéré.

Un quart de siècle plus tard, la commémoration des attentats fait encore resurgir des images vertigineuses. Mais à travers ce récit puissant, qui laisse une empreinte durable, c’est à la dignité de cet anonyme et de toutes les victimes par ricochet, comme Johanne, que l’on repense.
L’homme qui tombe est un roman nécessaire qui nous demande ce qu’il reste de notre humanité lorsque tout s’effondre. Pour acheter ce livre Cliquez ici ou Suivez ce lien. 

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