Entre soleil et nuages, la première véritable étape du Festival de Cannes a été lancée le 13 mai. Deux films de la compétition officielle ont ouvert la danse.
L’avis sur Quelques jours à Nagi
D’abord, « Quelques jours à Nagi » du réalisateur japonais Koji Fukada. Avec son 10ème long métrage, Koji Fukada nous propose une galerie de personnages plutôt réussie. Avec les ombres des absents : des parents morts, des époux expatriés et des amours disparus. Et avec les places laissées vides que chacun sera tenté de remplir.

Nagi est un petit village reculé des montagnes de l’ouest japonais avec une base militaire des Forces d’autodéfense. C’est là que Yuri, une architecte divorcée, vient passer quelques jours de congés. Elle retrouve son ex-belle-sœur Yoriko, une sculptrice qui crée des figures en bois de camphrier.
L’ensemble manque néanmoins d’émotion et de chaleur humaine. On reste un peu sur sa faim.
La vie d’une femme, une bonne surprise
Les festivaliers ont été plus convaincus par « La vie d’une femme » de Charline Bourgeois-Tacquet. Avec son second long métrage, la cinéaste française offre le portrait d’une femme active sur tous les plans. Professionnellement, socialement et sexuellement.

« Je voulais filmer une héroïne qui va bien », explique la cinéaste, âgée de 40 ans. Dans le rôle principal, Léa Drucker montre de nouveau l’immensité de son talent.
Elle incarne à merveille une chirurgienne de 55 ans. Et Mélanie Thierry en romancière lui donne subtilement la réplique. Tout comme Charles Berling et Marie-Christine Barrault présents dans ce film.
« La vie d’une femme » séduit par donc par sa justesse et son authenticité.
Instant émotion – La solitude de Samuel Paty
Quant à « L’Abandon » de Vincent Garenq, il a captivé et ému le public. Projeté hors compétition, ce long métrage revient sur les derniers jours de Samuel Paty.
Remarquablement construite, cette œuvre n’est pas un hommage à l’enseignant assassiné le 16 octobre 2020. C’est le constat d’une solitude infernale. C’est le récit d’une logique de dénonciation épouvantable. C’est le regard sur de multiples trahisons qui ont entraîné le pire.
Antoine Reinartz (remarqué dans « Anatomie d’une chute » ou « 120 battements par minute ») habite littéralement son personnage de Samuel Paty. Il joue avec une vérité impressionnante.
« L’Abandon » s’impose comme une réussite à tous les niveaux. Il faut voir cette histoire qui a profondément marqué la France. En salles depuis le 13 mai, ce film mériterait d’être diffusé dans les collèges et les lycées au nom de la démocratie et de la tolérance.
Au programme cannois de ce 14 mai
Deux autres longs métrages en compétition. « Fatherland », du metteur en scène polonais Pawel Pawlikowski, réunit Sandra Hüller et August Diehl, deux grands acteurs allemands. Le scénario se situe en 1949.
Thomas Mann, lauréat du prix Nobel de littérature, retourne pour la première fois en Allemagne depuis la fin de la guerre. Il est accompagné de sa fille Erika, actrice, écrivain et pilote de rallye.
Au volant d’une Buick noire, ils entreprennent un voyage éprouvant dans un pays qu’ils ont fui. C’était 16 ans plus tôt après la prise de pouvoir par Hitler.
La montée des marches est prévue pour 18 h. Elle sera suivie à 20 h 30 par celle de toute l’équipe d’ « Histoires parallèles » du cinéaste iranien Asghar Farhadi.
Sur le tapis rouge, les fans de 7ème art pourront applaudir le prestigieux casting. À savoir Isabelle Huppert, Pierre Niney, Virginie Efira, Vincent Cassel et le prometteur Adam Bessa.
Le pitch d’« Histoires parallèles » intrigue d’avance. En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins d’en face.
Quand elle engage le jeune Adam pour l’aider, elle ignore qu’il va bouleverser sa vie et son travail. Jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous. Hâte de découvrir cette œuvre !
Les autres films de la journée
Autres films attendus ce 14 mai : « Les caprices de l’enfant roi » de Michel Leclerc, un film en costumes et hors compétition, avec Artus et Franck Dubosc. Et « Quelques mots d’amour » de Rudi Rosenberg, avec Hafsia Herzi, dans la section Un Certain Regard.
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