Comment nommer le fracas lorsque les certitudes s’effondrent ? Avec Sermons sous les décombres (Olivier Nora Editions), Delphine Horvilleur signe une œuvre poignante, située à la frontière du journal intime, de l’exégèse biblique et du pamphlet humaniste.

Pendant deux années de déchirement collectif, de la veille des attaques du 7 octobre 2023 jusqu’au retour des derniers otages d’un territoire gazaoui en ruines en 2025, la rabbine a fait de l’écriture son sanctuaire.
Face à la polarisation aveugle et au mutisme qui frappe nos sociétés, elle interroge le destin du langage au milieu de la barbarie : que reste-t-il à dire quand plus personne n’écoute ?
Sermons sous les décombres – Une exégèse du présent
La force de cet essai réside dans la méthode chère à son autrice. Elle fait dialoguer les mythes anciens avec nos déchirements contemporains.
Delphine Horvilleur ne cherche ni à absoudre ni à dogmatiser ni à moraliser. Elle réinterprète les textes de la tradition juive pour y déceler des clés de lecture inédites. Ses interprétations apportent une lumière singulière sur des sujets brûlants.
Dans Sermons sous les décombres, elle analyse la responsabilité politique et l’usage de la force. Réfléchir à la légitimité de la défense sans perdre son âme ni céder à la vengeance est son crédo.
L’auteure analyse la réapparition des spectres du passé dans le débat public contemporain face à l’antisémitisme.
Elle accueille la douleur des victimes sans dresser de hiérarchie dans la souffrance.
La rabbine fait débat,notamment pour ses propos prononcés à chaud durant le conflit. Ses convictions ne cherchent pas à rassurer artificiellement. Ils cherchent à fissurer l’enfermement idéologique par le doute et l’empathie.
Le pari de la réparation
Au-delà du témoignage politique ou religieux, l’ouvrage pose une question fondamentale : peut-on réapprendre à se parler pour tenter de se réparer ?
En refusant les slogans simplistes et les vérités univoques, Delphine Horvilleur offre un manuel de survie. Sermons sous les décombres s’impose comme un texte essentiel, trois ans après le massacre du 7 octobre, pour quiconque refuse la résignation et cherche, dans la nuit de l’Histoire, la trace d’une humanité partagée. Le livre est disponible ici ou suivez ce lien.
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