Voici mon avis sur « Moulin » qui sort le 28 octobre dans les salles de cinéma.
Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence. Le destin de la France libre en dépend.

Avec « Moulin », le réalisateur hongrois Lázló Nemes signe un grand film sur un grand personnage de l’Histoire de France. Injustement oublié dans le palmarès du dernier Festival de Cannes où il figurait en compétition, « Moulin » se distingue par l’intensité du récit et la maîtrise de la réalisation.
Après « Les rayons et les ombres », « La bataille De Gaulle » ou « Notre Salut », voilà une nouvelle œuvre de haut niveau sur cette période de l’Occupation durant la Seconde guerre mondiale.
Un sujet qui passionne depuis longtemps le cinéaste, auteur du remarquable « Le fils de Saul » en 2015 : « J’ai fait pas mal d’études d’histoire du XIXème et du XXème siècles et je connaissais l’histoire de la Résistance. Tout le monde est familier de Jean Moulin en France, même si on ne connaît pas vraiment l’être humain et le destin tragique qu’il a connu en détail. Pour moi, il représentait évidemment un phénomène français mais qui dépasse la France : il incarne un vrai choc de civilisation entre l’humanisme et l’antihumanisme et c’est ce qui m’a immédiatement parlé. J’ai d’ailleurs retrouvé un email dans lequel je confiais à un ami, il y a plusieurs années, que je voulais faire un film sur Jean Moulin ! », explique le metteur en scène Lázló Nemes.
Un film important et remarquablement réalisé sur un héros de l’Histoire de France
Outre l’ampleur du scénario, c’est l’interprétation de Gilles Lellouche en Moulin
qui force l’admiration. Sa confrontation avec l’excellent Lars Eidinger, qui campe Klaus Barbie, nous tient en haleine et chacun joue sa partition à la perfection. Gilles Lellouche était conscient de l’importance à interpréter une personnalité comme Jean Moulin : « Il y a une très lourde responsabilité à camper ce rôle, que l’on connaît, mais je pense qu’il faut aussi la caresser et ne pas l’oublier totalement. Il faut rester dans ce rapport au sacré : c’est un garde-fou et on en avait tous conscience sur le plateau, que ce soit László, le scénariste Olivier Demangel ou le producteur Alain Goldman. On avait pour mission de s’effacer. J’ai été très bien accompagné par László Nemes qui voulait aller dans l’épure, éviter les lieux communs et les clichés, tenter de réduire au minimum ce qu’on pouvait représenter de la souffrance ou de la torture, en suggérant plus qu’en montrant ». Ne résistez pas à la nécessité et au plaisir de voir ce formidable Moulin.
. Moulin, en salles le 28 octobre. Durée : 2 h 14
Deux autres nouveaux films à voir ce 28 octobre
« Hope » de Na Hong-jin, avec Jung-Min Hwang et In-sung Zo et « Quelques mots d’amour » de Rudi Rosenberg, avec Hafsia Herzi et Nour Salam.
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