Au risque de se perdre – Anatomie d’une rupture, rencontre avec Monique Coant-Blond pour son nouveau livre !

Un SMS envoyé par erreur au mari plutôt qu’à l’amant : c’est l’acte manqué qui fait tout basculer. 

Dans son troisième roman, “Au risque de se perdre” (Editions Le Lion Z’Ailé), Monique Coant-Blond explore avec une précision chirurgicale la fin d’un couple et le fracas d’une passion dévorante.

au risque de se perdre interview monique coant blond

La puissance de ce récit tient à sa construction en miroir. Le roman oppose la soif de réinvention d’Agathe à la vulnérabilité contemplative d’Hugo.

Par son écriture fluide et sa finesse sociologique, l’autrice signe une œuvre forte, qui interroge avec brio la perte de soi.

Une telle maîtrise méritait que l’on s’arrête sur les coulisses de sa création : voici notre interview de Monique Coant-Blond.

Le titre, “Au risque de se perdre”, suggère une fragilité mais aussi une forme de courage. Dans votre roman, le “risque” est-il une menace dont il faut se protéger, ou une étape nécessaire pour mieux se retrouver ?

Le côté placide d’Hugo, au début du livre, peut évoquer un manque de courage. On ne sent chez lui aucun goût du risque.
Au contraire, tout ce qu’il veut, c’est que rien ne bouge ! Pourtant, après l’épreuve, il va se jeter corps et âme dans une passion amoureuse, domaine de tous les dangers.
L’homme trop tranquille en révèle un autre, déterminé, prêt à surmonter ses peurs et à piétiner ses valeurs pour atteindre son Graal. Je dirais donc que, à défaut de choisir sciemment la prise de risque comme moyen de s’affirmer, on peut l’accepter et oser l’affronter, comme Hugo, avec un certain panache.

Il y a de nombreux protagonistes dans votre livre, mais pourquoi avoir aussi choisi la Bretagne comme « personnage » ?

Pendant la tempête Ciarán, je séjournais dans le cap Sizun, ma région natale. Celle-ci m’est apparue plus que jamais dans toute sa violence, sa rudesse, sa beauté sombre, quasi « incarnée ».
L’histoire, inspirée d’anciens faits divers, a pris corps à ce moment-là. Le lieu faisait écho aux tempêtes intérieures du personnage, j’avais trouvé mon décor, qui s’est imposé comme « personnage » à part entière.

Monique Coant Blond auteure de Au risque de se perdre

Votre roman est-il une ode à l’amour, à la passion ou au dérapage ?

Un peu de tout ça. C’est aussi une ode à l’audace des timides. Il n’y a rien de plus redoutable qu’un timide qui se lance, qui ose !

Écrire ce livre a dû demander une grande introspection. Quel a été le moment le plus difficile à coucher sur le papier, et à l’inverse, lequel vous a apporté une forme de libération ou de soulagement ?

Bien qu’inspiré de faits réels, les personnages de ce livre sont fictifs, ce qui a rendu les plongées introspectives plus libres, sans limites, bref, jubilatoires.

Seul Jocelyn m’a donné « du fil à retordre », en ce sens qu’il a généré beaucoup d’émotions et d’interrogations. Qui est-il au juste ? Je crois que c’est le personnage le plus complexe, le plus profond sur lequel j’ai pu écrire jusqu’à présent.

Au fil des pages, on sent une transformation profonde de l’histoire. Si vous deviez comparer la personne qui commence ce livre à celle qui le termine, quel serait le changement le plus radical dans sa lecture ?

Tout commence par un acte manqué et une banale histoire d’adultère… Mais, dès qu’Hugo part pour la Bretagne, l’ambiance change.

Le lecteur se retrouve embarqué dans une traversée intime qui glisse peu à peu vers le roman noir. Il démarre sur du « feel good » (ou presque !) pour basculer la page d’après sur des menaces, des affrontements, des drames… Mon souhait était d’amener le lecteur à s’identifier de plus en plus, à se demander : « Et moi, qu’est-ce que je ferais, à sa place ? »

Au-delà de votre roman, que souhaiteriez-vous que le lecteur garde en lui une fois le livre refermé ? Quel est le “fil d’Ariane” que vous proposez à ceux qui, eux aussi, ont parfois l’impression de se perdre ?

« L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle », a dit Saint-Exupéry. J’aime cette phrase.
Plus que nos succès ou nos victoires, ce sont parfois nos échecs, nos blessures ou nos transgressions qui nous nourrissent, nous élèvent, nous révèlent à nous-mêmes et aux autres.

Vous allez être présente lors de plusieurs évènements prochainement, où les lecteurs peuvent-ils vous rencontrer ?

J’aurai la joie d’être à Saint-Malo les 23 et 24 mai avec Le Lion Z’Ailé pour le très beau salon Etonnants Voyageurs, puis au Salon du livre de Chaumont-en-Vexin, dans l’Oise, le 31 mai.

Ensuite, retour en Bretagne, à Audierne (où se déroule l’intrigue), à la librairie Ar Vro, le 27 juin, et encore à Saint-Malo, chez Cultura, le 4 juillet.

Enfin, rendez-vous le 27 juin à la librairie Tschann Boulevard Montparnasse Paris pour une rencontre exceptionnelle à 19H30. 

Au risque de se perdre est disponible ici en version ebook et papier suivez ce lien ou Cliquez ici.

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