Il aura fallu attendre le centenaire de sa disparition pour que les musées nationaux français rendent enfin à Mary Cassatt (1844-1926) l’hommage majestueux qu’elle méritait.
Le musée d’Orsay propose une rétrospective événement, à voir jusqu’au 31 janvier 2027. Découvrez le catalogue d’expo cliquez ici ou suivez ce lien.

Si son nom résonne aux côtés de Degas, Monet ou Renoir, l’artiste américaine, Mary Cassatt, n’avait encore jamais bénéficié d’une exposition d’une telle ampleur en France.
La redécouverte d’une force de la nature
Franchir les portes de cette rétrospective, c’est vivre un véritable un choc esthétique et émotionnel.
On pensait connaître la peintre des scènes intimistes, la virtuose de la “mère à l’enfant” ; on découvre une femme d’une liberté absolue. Cette pionnière a osé s’imposer dans un milieu artistique du XIXe siècle étouffé par les conventions masculines.
« Je suis indépendante ! Je peux vivre seule et j’aime travailler. » « Je suis professionnelle ! »
Cette formule, proclamée avec fierté, constitue le fil conducteur d’un parcours riche de près de 80 tableaux, pastels et estampes.
De sa décision de s’installer seule dans son propre atelier à l’emploi de ses propres modèles rémunérés, Mary Cassatt s’est taillée une identité unique des deux côtés de l’Atlantique.
Une palette de lumière : bonheur, plénitude et mystère
Ce qui saisit le visiteur face à ses œuvres, c’est la vibration des émotions. Sous la touche impressionniste de Cassatt, la vie moderne prend une dimension poétique d’une profondeur inouïe.
Ses scènes de plein air, peintes dans le parc de son château de l’Oise acquis grâce à son indépendance financière, éclatent de couleurs vibrantes et de lumière pure.
Ses portraits de femmes au théâtre, lisant ou recevant chez elles, ne sont pas de simples représentations de l’élégance parisienne. Ce sont des personnages conscients, conquérants et maîtres de leur destin.
Dans ses maternités et ses études psychologiques, Cassatt esquive le piège du sentimentalisme niais. Il y a toujours dans le regard d’un enfant ou la posture d’une mère une part de silence, une gravité retenue, un mystère préservé.
Mary Cassatt, de l’atelier au militantisme pour le droit des femmes
Invitation lancée par son ami Edgar Degas en 1879, Mary Cassatt participe assidûment aux expositions impressionnistes d’avant-garde. Mais son rôle dépasse largement le cadre de la toile.
Elle aiguille ses proches et collectionneurs américains vers les peintres d’avant-garde. Elle joue ainsi un rôle déterminant dans l’arrivée de l’impressionnisme aux États-Unis.

L’exposition ressuscite la célèbre fresque Modern Woman (4 × 18 m), créée pour le Pavillon de la Femme lors de l’Exposition universelle de Chicago en 1893.
Disparue depuis, cette œuvre monumentale revit au musée d’Orsay grâce à une restitution numérique immersive et un ensemble d’estampes expérimentales.
Fervente suffragette, Cassatt co-organise en 1915 une exposition new-yorkaise au profit du droit de vote des femmes. Pour elle, la création artistique et le combat politique procédaient du même élan.
L’exposition du musée d’Orsay ne rend pas seulement justice à une grande artiste : elle nous offre une rencontre bouleversante avec une femme accomplie qui a fait de la liberté le premier coup de pinceau de sa vie. Une rétrospective lumineuse à ne manquer sous aucun prétexte.
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Photos et vidéo Frédéric Danilewsky




