Selon la dernière étude publiée par l’Arcom en juillet 2026, le marché de la lecture numérique en France affiche une maturité.
Celle-ci est à la fois due à la fidélité de ses adeptes et aux défis persistants liés au piratage.

Une audience stable de plus en plus assidue
La part des internautes français âgés de 15 ans et plus ayant consommé un livre audio ou numérique au cours des 12 derniers mois s’est stabilisée à 13 % en 2026, un chiffre qui reste quasi inchangé sur les cinq dernières années (elle était de 14 % en 2022).
Si le vivier global de consommateurs n’augmente plus, les habitudes de lecture, elles, s’intensifient de manière significative. En effet, près de 6 consommateurs sur 10 (61 %) consultent désormais des livres dématérialisés au moins une fois par semaine, marquant une progression notable de 7 points par rapport à 2025 (54 %).
Préférences de formats et de supports
Le livre numérique reste le format roi : 83 % des usagers consomment des livres numériques (dont 47 % exclusivement). Le livre audio séduit quant à lui 53 % des consommateurs (dont 17 % exclusivement). A noter que 36 % jonglent habilement entre les deux formats.
Le smartphone s’impose en tête. Il est le support de lecture privilégié par 66 % des utilisateurs, devançant les liseuses (43 %), les tablettes (40 %) et les ordinateurs (31 %).
Concernant le choix des plateformes, les lecteurs privilégient largement les plateformes spécialisées dans le livre numérique (43 %), suivies des plateformes généralistes (34 %), des réseaux sociaux (35 %) et des bibliothèques gratuites (22 %) ou publiques (19 %).

Quid de l’accessibilité ?
Le numérique s’affirme également comme un formidable outil d’inclusion.
Ainsi, 14 % des consommateurs de livres numériques ou audio (soit environ 900 000 individus) utilisent un logiciel d’aide à la lecture adapté aux troubles DYS.
À l’échelle de l’ensemble de la population, cela représente 2 % des internautes français qui s’appuient sur ces technologies pour lire.
Focus sur le piratage : un quart des consommateurs basculent dans l’illicite
L’un des enseignements du rapport de l’Arcom concerne la consommation illicite. Si les trois quarts (75 %) des lecteurs naviguent exclusivement dans l’offre légale, 25 % des consommateurs d’ebooks ou audio avouent avoir recours au piratage (dont 2 % uniquement de manière illégale et 3 % généralement de manière illégale). A comparer avec l’étude SNE ici.
Cette tendance globale au piratage reste stable depuis 2022 (où elle oscillait entre 23 % et 25 %).
Néanmoins, une analyse à long terme montre que la consommation illicite régulière a progressé de 6 points depuis 2019. Il touche désormais 12 % des consommateurs en 2026. Parmi l’ensemble des internautes français, les utilisateurs illicites représentent au global 3% de la population.
Quels canaux pour consommer des contenus piratés ?
1. Les sites de téléchargement direct restent le moyen d’accès privilégié, plébiscité par 40% des pirates.
2. Les réseaux sociaux et plateformes de partage de vidéos combinés représentent une part massive. En effet, 45 % des consommateurs illicites transitent par ces espaces (avec respectivement 27 % pour le partage vidéo et 25 % pour les réseaux sociaux).
3. Les autres moyens incluent les sites de streaming (25 %), les services de Cloud (23 %). Sans oublier les sites de scans de mangas (21 %) et le peer-to-peer / torrent (18 %).
L’Arcom note également une hausse significative de l’utilisation d’Usenet et des newsgroups (15 %, +4 points).
Face à ces chiffres, l’enjeu pour l’industrie du livre reste double en 2026 : continuer à valoriser une offre légale de plus en plus plébiscitée par les lecteurs réguliers. Il faudrait aussi renforcer la lutte contre de nouveaux modes de distribution illicite très agiles, notamment sur les réseaux sociaux.



