Alors que la musique numérique occupe une place centrale dans notre quotidien, une étude menée par YouGov pour la plateforme française Qobuz révèle un décalage flagrant entre la consommation et la compréhension du modèle économique.
Dans un paysage désormais bousculé par l’intelligence artificielle, le voile se lève sur une méconnaissance profonde des mécanismes financiers qui soutiennent la création.

L’opacité : un “angle mort” du secteur
Le constat est sans appel. 78 % des Français admettent ignorer totalement comment les artistes qu’ils écoutent sont rémunérés par les plateformes.
Ce manque de clarté explique en grande partie pourquoi la juste rétribution des créateurs ne constitue un critère de choix de plateforme que pour 15 % des usagers.
Pourtant, cette indifférence apparente cache une fracture générationnelle. Si le prix reste le premier levier de décision pour 70 % des sondés, d’autres critères “produit” dominent encore le marché :
-La simplicité d’utilisation (63 %)
-La profondeur du catalogue (58 %)
-L’absence d’interruptions publicitaires (58 %)
-La haute fidélité sonore (56 %)
L’IA bouscule
L’irruption de l’intelligence artificielle générative complexifie l’équation. Bien que ce soit encore un signal émergent, 10 % des auditeurs accordent déjà une importance cruciale à l’identification claire des morceaux générés par IA. Cette traçabilité devient indissociable de la valeur accordée à l’œuvre humaine et, par extension, à sa rémunération. On peut aussi se référer au label IH pour le livre audio.
D’ailleurs, l’aspiration à plus d’éthique progresse : 47 % des Français réclament aujourd’hui une plus grande transparence sur les flux financiers. Chez les 25-34 ans, cette exigence grimpe même à 68 %.
Le parallèle avec le livre audio
Cette problématique de transparence et de partage de la valeur n’est pas exclusive à la musique. On peut dresser un parallèle direct avec le secteur du livre audio en streaming.
Alors que ce format explose, et que les audio books générés par iA prennent place, les auteurs et éditeurs, narrateurs s’interrogent. La rémunération à l’acte disparaît au profit de calculs de temps d’écoute souvent opaques pour le consommateur final.
La jeunesse prête à payer le prix de l’éthique
L’étude souligne que les moins de 35 ans sont les véritables moteurs du changement. Les chiffres montrent un engagement bien plus marqué chez les 18-34 ans :
-61 % d’entre eux se disent prêts à migrer vers un concurrent s’il garantit une meilleure rétribution des artistes (contre 44 % pour l’ensemble de la population).
-60 % accepteraient une hausse de leur abonnement allant jusqu’à 2 € par mois pour soutenir cette cause, alors que la moyenne nationale stagne à 40 %.
La solution ?
Face à ce besoin de lisibilité, Qobuz a pris les devants. Depuis mars 2025, la plateforme affiche explicitement le montant reversé par stream.
Comme le souligne Pierre Largeas, Directeur France de la plateforme, l’objectif est de transformer l’utilisateur en acteur éclairé.
En rendant visible la part reversée, la plateforme espère renforcer le lien organique entre l’auditeur et l’artiste, au-delà de la simple transaction technique.
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