L’Heure des Crocs – Quand Philippe Bilger raconte CNews dans un livre

Philippe Bilger publie “L’Heure des Crocs : de CNews et du délit d’opinion”, aux Editions L’Archipel, que vaut ce livre ? 

Philippe Bilger est un homme libre et il l’a toujours été. Après avoir brillamment servi l’institution judiciaire, notamment en qualité d’avocat général à la cour d’assises de Paris de 1999 à 2012, ce grand magistrat a imposé son style et sa voix dans les médias depuis plusieurs années.
Philippe Bilger livre critique L'Heure des Crocs  : de CNews et du délit d’opinion

En particulier sur la chaîne d’informations CNews où Philippe Bilger collabora comme chroniqueur régulier, principalement dans les magazines de Pascal Praud, « L’Heure des pros ».

Devenu un des visages les plus appréciés de ces programmes depuis 2022, Philippe Bilger commit un « crime » de lèse majesté ces derniers mois : exprimer des points de vue qui ne plaisaient ni à Pascal Praud ni à Serge Nedjar, le directeur de CNews.
Plus précisément sur deux thèmes : Nicolas Sarkozy et l’action du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou.

Philippe Bilger – Retour sur un limogeage

En raison de ses convictions et de sa liberté d’expression, jamais outrancières et toujours respectueuses de celles des autres, Philippe Bilger fut évincé de CNews par un laconique SMS, le 23 janvier 2026.

Dans son excellent ouvrage,  L’heure des crocs : de CNews et du délit d’opinion, celui qu’on peut aussi entendre sur Sud Radio dans l’émission « Les Vraies voix » revient sur son limogeage qui ne fait pas honneur à CNews, laquelle se targue du matin au soir d’une ligne éditoriale indépendante et différente des autres organes d’informations.

Sans jamais tomber dans le piège du règlement de comptes, il nous livre le récit de son expérience au sein de la chaîne du groupe Bolloré.
C’est formidablement bien écrit et l’auteur, connu pour son éloquence, montre qu’il manie aussi talentueusement la plume avec son style alerte, piquant et concis. Ses coups de griffe à l’égard de plusieurs personnalités de CNews (comme Pascal Praud bien sûr, mais aussi Gilles-William Goldnadel, Christine Kelly, Geoffroy Lejeune ou Eugénie Bastié) ne dérivent jamais dans le rayon des coups bas.

Philippe Bilger brosse ces portraits avec une cruauté littéraire jouissive, mais sans méchanceté. Et surtout, l’ancien homme de loi décrit avec force, justesse et brio le système CNews qui repose sur une pensée unique au service d’un combat politique.
Une chaîne TV où la nuance, le recul et l’objectivité ont, peu à peu, disparu au profit de la caricature, de l’excès et d’un militantisme qui n’ose pas l’avouer réellement.

Avec des courtisans ou des cachetonneurs médiatiques, présentés comme des pseudos spécialistes de tout et des soi disant consultants de rien, qui ne doivent jamais dire ce qui pourrait déplaire à sa Majesté Praud ou dévier de la stratégie idéologique édictée par Serge Nedjar.

On comprend mieux pourquoi Philippe Bilger, par ailleurs président de l’Institut de la parole et qui a toujours affiché ses idées, a été « débarqué » de l’ultra droitière CNews : pas question pour lui de subir un quelconque étouffement intellectuel.

Avec son livre, dense, précis et objectif, il prouve qu’on ne le bâillonnera jamais ! Pour acheter ce livre cliquez ici ou suivez ce lien. 

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1 réflexion sur “L’Heure des Crocs – Quand Philippe Bilger raconte CNews dans un livre”

  1. Ce papier participe davantage de l’article publicitaire que d’une critique objective : pas un seul bémol à se mettre sous les yeux.
    Etonnant aussi qu’il se termine avec un click qui permette d’acheter l’ouvrage.

    Il faut donc rappeler les faits et s’interroger sur ce qui ressemble fort à une sortie de route pour Philippe Bilger, par ailleurs remarquable observateur de la politique à travers son blog.

    Quand on dénigre son employeur en place publique et qu’on utilise un vocabulaire d’une grossièreté inimaginable dans la bouche d’un Président de l’Institut de la Parole, il ne faut pas s’étonner d’être débarqué sur l’heure par cet employeur.

    Mais plutôt que de faire profil bas, l’auteur de ces dérapages se rebiffe et veut à tout prix se convaincre qu’il a été évincé pour ses opinions un peu divergentes, surtout sur certains sujets (Israël, Sarkozy). Voilà qui est étonnant dans la mesure où CNews cherche désespérément des profils un peu particuliers pour briser le ton uniforme de la chaîne.

    Il s’enhardit et, tel Don Quichotte, décide de briser ses lances contre la forteresse CNews en commettant un ouvrage vengeur contre la chaîne qui lui a pourtant offert une exceptionnelle exposition médiatique durant huit ans. Etonnant.

    Occuper l’antenne aussi longtemps est un privilège qui ne dure pas éternellement. Cela se termine toujours plus ou moins bien, mais c’est dans l’ordre des choses. En vouloir à son employeur au point d’écrire un livre contre lui constitue un manque évident de gratitude et de respect, comme les réactions outrées et scandaleuses d’autres débarqués qui s’imaginaient irremplaçables tels Lepers, Sébastien et Etienne.

    L’auteur avoue qu’il avait envie depuis un certain temps de quitter CNews, mais qu’il n’en avait pas vraiment le courage. Son départ forcé constitue à ses yeux une « libération » qui l’a rendu « heureux ». On a donc un peu de mal à comprendre comment on peut s’en prendre avec autant de vigueur à ses « libérateurs”. Il devrait plutôt les remercier d’avoir eu le courage qu’il n’a pas eu.

    Le livre au titre trompeur (les Crocs ne sont guère acérés) est, outre la révélation de conflits internes banals et inhérents à toute communauté, un résumé assez complet des critiques habituelles des spectateurs de CNews que l’auteur aura trouvées à profusion sur son blog (manque de pluralisme, conduite des débats très discutable de la part de P. Praud, manque de respect pour les invités de « gauche », effacement des chroniqueurs).

    Il accuse le chroniqueur présent chaque soir à l’HDP de manquer d’humilité. Mais on se demande où est le manque d’humilité quand on se croit légitime à écrire un livre sur un départ passé totalement inaperçu, au contraire de celui d’un Zemmour.

    Au final, le livre n’apprend pas grand-chose de nouveau. Il a pour principal objet de refermer une blessure personnelle qui semble tenir de l’orgueil et du sentiment d’humiliation.

    La fin tumultueuse de cette relation avec la chaîne et l’envie irrépressible d’en faire un livre participent d’un irrationnel auquel l’auteur ne nous avait pas habitués. Elle stupéfie, désarçonne et interroge ceux qui apprécient ce fin observateur de la société.

    Mais au vu de sa contribution aux différents débats on ne lui tiendra pas trop rigueur de cette inexplicable sortie de route.

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